Les Grandes Douleurs

Toutes nos grandes douleurs
Sont comme nos passions
Muettes aux creux du cœur
Enfouis sous nos décombres
Et quoi que nous fassions
De la Lumière à l’Ombre
Elles sont nos ports d’attaches
Lourds rochers improbables
Qu’il faudrait que l’on arrache
Sans en être capable.

Toutes nos grandes douleurs
Sont comme nos passions
Muettes aux creux du cœur
Et quoi que nous fassions
Nous restons enchainés
Aux bonheurs en bouteille
Aux armes silencieuses
Le raisin sur la treille
Les Ondes amoureuses…

Toutes nos grandes douleurs
Sans comme nos passions
Aveugles dans la douceur
Et quoi que nous fassions
En remontant le fleuve
Nous passons les écluses
Jusqu’à la Terre-Neuve
Acclamant les excuses…

Toutes nos grandes douleurs
Sont comme nos passions
Elles vont comme la rumeur
Qui s’échoue sur les plaintes
Et malgré l’obsession
Des rires et des étreintes
Elles nous accompagnent
Comme livre de chevet
Comme guide de montagne
Jusqu’à l’inachevé

10 Décembre 2017

Chronique des Jours Heureux. Désirs de France… Insoumise…

N’engage que moi

 

MAJ du Lundi 3 Février 2020. La prise de position récente de Ségolène Royal sur l’affaire Mila affaiblit considérablement sa position de recours républicain pour 2022. Sa mise au point ce jour clarifie néanmoins la situation même si la vigilance est de mise.

Il apparait de plus en plus clairement que Ségolène Royal songe à 2022. Ses récentes déclarations. Ses prises de positions contre la politique du gouvernement. Les attaques répétées dont elle fait l’objet depuis quelques semaines (cas de Lawfare qui n’est pas sans en rappeler un précédent …) ne laissent planer que peu de doutes.

Certes Ségolène Royal n’est pas une révolutionnaire. Certes, certaines de ses positons sont discutées et discutables. Certes, il lui aura fallu du temps pour ouvrir les yeux sur « Le Nouveau Monde ». Mais elle a pour elle une certaine idée de la France qui n’a jamais variée depuis l’élection présidentielle accompagnée d’une assise populaire certaine. Les réactions à ses dernières sorties médiatiques en sont une preuve supplémentaire.

De son coté, Jean-Luc Mélenchon n’a pas annoncé s’il serait candidat ou non. Certes il aura 71 ans au moment de l’échéance. Certes depuis le 22 Avril 2017, la liste des erreurs politiques du militant Mélenchon tend à effacer celles du candidat Mélenchon. L’affaiblissement du mouvement, lié aux compromissions avec le communautarisme, l’abandon (provisoire semble-t-il) de la ligne républicaine et d’une laïcité intransigeante, pourrait laisser croire à la mort politique de Jean-Luc Mélenchon. Deux remarques donc.  Primo en politique, personne n’est jamais mort. Deuxio, malgré tous les griefs évoqués ci-dessus, il n’y a pas aujourd’hui en France de candidat plus brillant, plus cultivé et ayant autant le sens de l’histoire, que le député des Bouches-du-Rhône.

Deux candidats donc. Pour qui le calcul est simple. Entre Macron et Le Pen, il y a une place à prendre. Pour sauver la République. Pour refaire de la France une grande Nation, souveraine, libre, indépendante. Pour sauver le modèle social hérité de la libération, rendre gloire au CNR. Un chemin existe donc entre l’extrême-centre autoritaire et l’extrême-droite ethniciste. Celui du socialisme Républicain.

Mais ce chemin est étroit.

Deux candidatures, ce serait sûrement une de trop. Alors bien sûr, on ne peut envisager Ségolène Royal portant le programme l’Avenir en Commun. On ne peut envisager Jean-Luc Mélenchon portant un projet social-démocrate. Mais on peut, sans passer ni pour des renégats, ni pour des utopistes, imaginer un programme de gouvernement commun, une entente formelle sur des points clefs (écologie, services publics, laïcité…) afin d’envisager les Jours Heureux.

Certes, la question européenne, tout comme celle de la VIe République seront à l’évidence des points de tensions. Mais en politique, romantisme et négociation ne sont pas incompatibles.

En tant que militant des jours Heureux, je n’ose imaginer que 2022 rejoue le match de 2017 et que notre Patrie continue de s’enfoncer dans la nuit.

C’est pourquoi j’espère un rapprochement.

Celui-ci n’aura surement pas lieu.

Mais on ne sait jamais.

 

1 Février 2020

Menaces contre Mila : non, Madame Belloubet il n’y a pas de délit de blasphème – Benoit Schneckenburger – Le Parti de Gauche

 

Suite au harcèlement et aux menaces de mort que subit Mila, la ministre de la justice devrait mobiliser tous les moyens de L’État pour la protéger. Nicole Belloubet a pourtant réagi sur Europe 1 et affirmé que « L’insulte à la religion c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave ».

Non, en France il n’y a pas de délit de blasphème, et la critique, même virulente, de toutes les religions ou croyances demeure un droit inaliénable. La liberté de conscience, garantie par la Constitution et la loi de 1905 font partie du socle républicain.

Le parti de gauche demande que la justice poursuive les personnes qui ont menacé de mort Mila. Le parquet de Vienne doit revenir sur sa décision d’ouvrir une enquête contre Mila, sous prétexte d’une prétendue insulte à religion. madame Belloubet devrait donner des instructions en ce sens au parquet au lieu d’incriminer la victime.

Chronique des Jours Heureux-Le Principe de Réalité

Réalistes. Soyez réalistes! Nous enjoignent-ils tous la bouche en cœur et la main sur la bourse. Car bien sur, les réalistes se sont eux. Ils ne savent rien des fins de mois difficiles, rien des infirmières qui galèrent, des enseignants qui pleurent, rien de la pauvreté des enfants, rien de la précarité qui touche dorénavant ceux qui ne s’y attendaient pas. Rien du sentiment de déclassement des classes moyennes, rien des angoisses des classes populaires. Les Gilets Jaunes? Circulez! La défense des Services Publics? Circulez! La sauvegarde du système de retraites par répartition? Circulez! L’Héritage du CNR? Circulez! ! La République? Circulez! Le  droit de grève? Circulez.

Il n’y a pas d’alternative, citoyens, martèlent-ils. Leur langue est celle de la start-up Nation, leur vocabulaire celui de la finance internationale, leurs mots ceux de l’oligarchie. Le Peuple ne compte pas. Il n’a jamais compté. Et ne comptera plus. Les aspirations populaires sont ringardisées, moquées, snobées. Rien n’est plus sacréee que l’Union Européenne et ses traités, rien n’est plus sacré que la libre concurrence, la libre circulation des capitaux, le dumping social. Ringardisée, la France sociale, humiliée. La Résistance? Passéiste! La Sécurité Sociale? Passéiste! Les jours heureux? Passéiste!

Selon le théorème du TINA ce qui a été n’a plus lieu d’être. C’est ainsi que les conquis sociaux sont devenus « privilèges. Diviser pour mieux dépouiller.

C’est contre cela qu’il nous faut lutter. Cette novlangue inssuportable, ces insultes incessantees contre les syndicalistes, les militants politiques de gauche. Contre le poison de la division et de l’indifférence. Contre leur principe de réalité.

Car la réalité, la vraie, ce sont les morts dans la rue. Les travailleurs qui dorment dans leur voiture. Les fins de mois qui commencent le 15. Le renoncement aux soins car ceux-ci sont trop chers. Ce sont les chômeurs longue durée. Les séniors inemployés.

Car la réalité ce sont les morts de la rue. Les enfants qui ne mangent pas à leur faim. Ce sont des quartiers abandonnés. Des service publics fermés.

La réalité c’est Bruxelles capitale de la République Française.

La  réalité ce sont les milliards volés par le capital aux travailleurs. Les dividendes captés par les rapaces. La finance qui se gave.

Nous sommes les réalistes, les solidaires, les partageurs.

L’oligarchie a gagné une bataille.

Nous gagnerons la guerre.

 

Dix ans de Rimes et de Luttes, il est tant qu’adviennent les Jours Heureux.

Cher lecteur, ami, familier ou camarade, ce blog a 10 ans

Dix ans de vers, de combats, de doutes et d’interrogations.

Au terme de ces 10 années, il est temps que ce blog fasse peau neuve.

Fidèle à sa vocation, à son essence première, son ADN reste inchangé: Poésie, République, Socialisme (et quelques doutes aussi, évidement) mais son appellation évolue.

Ainsi, De Rimes et de Luttes devient En Attendant les Jours Heureux. Ils viendront. C’est le sens de l’Histoire.

Nous sommes repartis pour 10 ans. Haut les cœurs (parfois désespéré), de combats, de rimes, d’amour éternel et de bonheur en fuites

« Que viennent les Jours Heureux, et le gout du bonheur » Jean-Luc Mélenchon

 

 

Alea Jacta Est

Franchir le Rubicon, résister à la peste.
Déranger la poussière et risquer son destin
Fuir la vérité au soleil du matin.
Alea Jacta Est…

Et déchirer sa veste
Comme on brule ses idoles
Tenter les années folles
Aléa Jacta Est…

Comme d’autres grimpent l’Everest
Chasser les passions tristes
Tenter la vie d’artiste.
Alea Jacta Est…

Flamber ce qu’il nous reste
A s’en crever les poches
Vivre entre sable et roches
Alea Jacta Est…

Quand le bonheur proteste
Allier l’eau et le feu
Se croire courageux
Alea Jacta Est…

Pour le temps qu’il me reste
Faire sans réfléchir
Le tour de mes plaisirs
Alea jacta Est…

10 Aout 2019

Vasco de Gama

Aux soirs éternels où le houblon me perd
La grand-voile m’attire comme étoile du berger
Je me rêve conquérant, je m’inspire corsaire
Pour noyer le silence d’être désespérer…

Ô que devenir Colomb, sublime conquistador
Ou Vasco de Gama découvrant les îles d’or

Seul et sans équipage. Déserter le bitume
Et traverser des mers comme on claque une porte
N’avoir comme compagnon que les rires de l’écume
Et des Kiribati aux rives de la mer morte
Emporter avec soi les mornes oraisons

Ô que je sois Colomb, sublime conquistador
Ou Vasco de Gama découvrant les îles d’or.

Des îles ! Toujours des îles !
La mer. Toujours la mer !
Et l’horizon si noir soit il
Au bout de l’univers…

Ô devenir Colomb, sublime conquistador
Ou Vasco de Gama découvrant les îles d’or.

Pour laisser derrière soi
La terre sans futur
Prendre la route de la soie
Ou finir dans le mur…

Ô devenir Colomb, sublime conquistador
Ou Vasco de Gama découvrant les îles d’or.

Dormir sans fautes sur le port d’Auckland
Mendier quelques Vatu, s’emmurer en Irlande
Et danser le Meke, trembler aux alizées
S’endormir au pied de la statue du Ché.

Ô devenir Colomb, sublime conquistador
Ou Vasco de Gama découvrant les îles d’or.

Ailleurs. Je voudrai être ailleurs
Mais je ne suis qu’ici
Penché sur la mappemonde
Pour rien qu’une seconde

Etre Vasco de Gama…

Août 2019

Rien Ne Bouge

Les souvenirs de mon enfance
Les jours bleus qui s’éternisent
Les nuages que je sais par coeur
Les Lumières de la Grande France
Les cœurs qui battent ou qui s’enlisent
Les cris, les larmes, les clameurs.

Je voudrai tant que rien ne bouge
Ni mon enfance articulée
Ni le superbe des drapeaux rouges
Ni le silence désincarné…

Les amours que rien ne désarme
Et le silence désordonné
Comme partout le bruit des armes
Comme toujours les champs de blés…

Je voudrai tant que rien ne bouge
Ni mon enfance articulée
Ni le superbe des drapeaux rouges
Ni le silence désincarné

Rien n’est à l’homme impossible
Comme Austerlitz, soleil bleu
Rien n’est à l’Homme impossible
Si ce n’est, juste, s’aimer. Un peu…

Je voudrai tant que rien ne bouge
Ni mon enfance articulée
Ni le superbe des drapeaux rouges
Ni le silence désincarné…

Penche, penche et s’incline alors
Le Soleil vert des années tendres
Et que s’éloigne le siècle d’or
Laissant la montagne se fendre

Je voudrai tant que rien ne bouge
Ni mon enfance articulée
Ni le superbe des drapeaux rouges
Ni le silence désincarné…

Je voudrai tant que rien ne bouge
Ni les tableaux du Caravage
Ni le cimetière de Montrouge
Ni le rose des fleurs sauvages…

Rien à l’homme n’est impossible
Ni les fragments de solitude
Rien à l’Homme n’est impossible
Ni espérer des latitudes…

Je voudrai tant que rien ne bouge
Ni les fraises aux jardins d’été
Ni le superbe des drapeaux rouges
On ne peut être et avoir été

Je voudrai tant que rien ne bouge…

31Juillet 2019

T’en Souviens-tu, la France

 

Quelques vieux amiraux venus mourir à terre,
Quelques anciens héros, ensemble me racontèrent
Ce qu’il restait à dire de leurs années fringantes
Où flamboient des étoiles encore bien vivantes

C’est ainsi que j’ai su, l’Honneur de ce Poète
Qui dans la nuit profonde brava le pont de Cé
Puis vinrent les jours heureux. Il chanta à tut-tête
La chanson des canuts, si longtemps délaissée

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques marins échoués sur des plages de bitumes
Quelques vieux chevaliers adeptes d’étranges coutumes
Fouillant dans leur mémoire comme sourciers silencieux
Me contèrent ces jours où tremblèrent les cieux

C’est ainsi que j’ai su. L’Histoire de cette homme
A peine 17 ans, un frêle enfant en somme
Tombé seul. En silence. Et dans ses yeux brillants
Se reflétait l’Espoir. C’était à Chateaubriant

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques anciens nostalgiques à l’âme Vendémiaire
Quelques rouges combattants qui détestaient Brumaire
Exaltaient ces journées que d’autres chantaient si bien
S’agenouillant, perdus, devant Maximilien

C’est ainsi que j’ai su, les mois de doléances
Varennes et le 4 août. Le citoyen Pétion
L’Adieu aux grandes souffrances
Ces jours ensoleillés ou naquit une Nation.

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques hommes sans dieux, qui y croyaient encore
Quelques missionnaires aux reflets tricolores
Et qui savaient par cœur Souvenirs et Solitude
Récitèrent devant moi ces lignes de servitude

C’est ainsi que j’ai su. Qu’on peut être un homme
Aux hommes, inconnu. Et ainsi finir comme
Carcasse abandonnée par une simple nuit noire
Un jour pourtant, survient le Panthéon et le jour de gloire.

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques fières vétérans d’une Bastille heureuse
Se souvenant fort bien du café du croissant
Chantèrent a l’unisson leur vingtaine joyeuse
Un homme une rose à la main au milieu des passants

C’est ainsi que j’ai su. Le temps et l’amour libre
L’Abolition enfin et les larmes de mon père
Une jeunesse debout et de la Seine au Tibre
l’Europe qui te regarde et à son tour espère…

T’en Souviens-tu, la France

Quelques amis lointains, et d’autres bien plus proches
Qui n’ont jamais remisé le drapeau dans leurs poches
Forment avec moi ce haut vœu d’espérance
Celui qu’un jour se rallume, Ô mon pays de France
Ta lumière qui sut si bien se faire rebelle
Et renaisse à jamais ce port universel
Comme phare agité, là-bas tout au bout
Comme astre incandescent quand la nuit est partout…

19 Janvier 2018