Chacun sa Croix

J’aime mieux le désespoir
Le cœur et les yeux déçus
J’aime mieux pleurer dans le noir
Puisqu’à présent tout est perdu
Chacun sa croix…

La sincérité du malheur
Me sied comme un costume clair
J’aime mieux traverser les pleurs
Et me traîner sous les éclairs
Chacun sa croix…

J’aime mieux vivre de côté
N’être que l’ombre de moi même
Loin des voyages inachevés
A rêver de vie de bohème
Chacun sa croix…

Je vis l’amour sans cœur qui bat
De ces je t’aime à sens unique
Jamais je ne livre combat
Ni ne conquière l’Amérique
Chacun sa croix…

Que les certitudes vous inondent
Et le bonheur vous tendent les bras
Tout ceci n’est pas de mon monde
Le grand frisson, je n’en veux pas
Chacun sa croix…

Je suis du langage des mots
Et des pages tournées en silence
Le son tremblant d’une radio
Je suis le signe de l’absence
Chacun sa croix…

Allez donc rayonner plus loin
Gardez pour vous vos sentiments
Vos amours, vos souvenirs en coin
Laissez moi sombrer tranquillement
Chacun sa croix…

La solitude est ma patrie
Qu’entourent de frontières rouges
les rues désertes sont ma fratrie
Aux heures où plus rien ne bougent
Chacun sa croix…

30 Janvier 2017

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Le Mépris et le Combat

Toujours la meute. Toujours les chiens enragés. La petite bande des indignés médiatiques. La cour des salopards. Le bureau des ordures réuni quotidiennement à heures fixes sur tous les plateaux. Toujours les belles personnes et leurs injonctions. Toujours les procès, les salissures contre nous. Nous les militants de la République Sociale, nous les militants de l’égalité, du Partage. De toutes parts viennent des attaques, des informations non vérifiées évidement. Mais relayées. Déformées. Amplifiées. Médiacrates sans styles, plumitifs sans inspirations: tous participent à ce concours général du mensonge.

Cette haine de classe qui transpire de partout n’a qu’un seul but: salir tout mouvement d’opposition au modèle libérale et européiste. Ce petit aréopage d’Albert Londres renierait sans l’ombre d’un doute n’a qu’une mission: désinformer et défendre les intérêts des dominants qu’ils servent contre salaire. Misère du journalisme. Bonheur des oligarques.

Quand ils ne se gaussent pas des menaces de mort sur Jean-Luc Mélenchon, ces belles âmes tentent de salir d’autres membres de la France Insoumise.

Ainsi en est-il ces derniers jours de mes camarades Alexis Corbière et Danièle Simonnet.

 Peu importe qu’Alexis comme Danielle occupent leurs logements légalement: ils sont insoumis, rien ne doit leur être épargné.

Que Corbière ait occupé avec femmes et enfants un appartement à 1200 euros mensuels qu’il avait acquis sur critères sociaux. Qu’importe qu’il ait eu avant son entrée au Palais Bourbon un salaire d’enseignant de 2350. Qu’importe que ce logement ne soit pas un HLM mais un logement à loyer libre. Qu’importe qu’il ait pris l’engagement de le quitter après son élection comme député. Qu’importe qu’a Paris et dans sa région on ne trouve pas un appartement familial en un claquement de doigts… Qu’importe qu’il en soit de même pour Danielle, occupant aussi un logement à loyer libre avec son compagnon et ses deux enfants, qu’importe qu’elle l’ait obtenue en 2003, qu’importe que les fonctions électives qu’elle occupe, comme celle d’Alexis, ne soient pas éternelles.

Qu’importe la légalité. Qu’importe la réalité. Rien ne les arrêtera. Ni la vérité. Ni nos réponses. Corbière comme Simonnet représentent tout ce que ce grand monde déteste: une résistance à leur indécence et à leur morgue. Les attaquer c’est attaquer la France qui résiste groupée autour de 7 millions de voix qui n’en font plus qu’une seule.

Je veux dire ici tout mon soutient à Alexis et Danielle que je connais depuis mon entrée au PG en 2009. Je sais leur force de caractère. Leur inexorable envie de se battre. Je sais leur croyance indélébile en notre victoire prochaine.

Face à ces attaques sans autres fondements que la haine opposons le mépris et le combat.

Nous gagnerons

C.G

27Octobre 2017

Tout le Reste est Littérature(s): Déracinement

Voici,ô, mon lecteur l’inauguration d’une nouvelle rubrique: Tout le Reste est Littérature(s): des bribes, des brèves, des lignes qui me traversent… Au gré de mon inspiration et de mes angoisses…

Déraciné. Arraché de l’enfance. débroussaillé de l’adolescence. Déraciné. Perdu sur une carte sans pôle. Déraciné. Passé le pont. Quitter mon île c’est m’en aller loin des 10 ans.

Déraciné. Parti. Partout. Déraciné. Envolé sans le vouloir. Sans ailes. Déraciné. Par nécessité. Par convention.

Déraciné. Parce qu’il le faut bien. (Bien)tôt. Maltôt… Matelot sur une coquille de noix sans ambitions aucune. Prendre le large sans passer par l’Océan. Prendre le chemin du périphérique sud comme d’autres traversent le désert. Avancer pour ne pas troubler l’ordre des choses même quand cet ordre est autant fatiguant que fatigué. Avancer pour les autres et reculer pour soi.

Déraciné. Totalement déraciné. Chêne pleureur…

Et tout le reste est littérature

26 octobre 2017

La Promesse

Noël en bout de table
Bouteille qui s’entassent
Là, sur cette terrasse
Rouge et confortable
Une bulle se crée

J’écoute en silence
Comme un débutant
J’apprends en silence
Avec l’insolence
D’un adolescent
J’apprends ma leçon
Comme musique sacrée

Il me parle encore. Il me parle toujours
Aragon, Ferrat, Séguy et les autres
Son enfance rouge sous 36 chandelles
La nuit et le brouillard.
Le printemps arrive toujours trop tard
Les jours heureux et les usines rebelles
Il me parle encore. Raconte toujours
« Méfie toi de tous les apôtres »

Et dans ses yeux qui jamais ne baissent les armes
Voilà que se faufile une larme
Pourra-t-il un jour apercevoir
Poindre le grand soir

Alors du bout des mes lèvres balbutiantes
Je promets
De poursuivre l’oeuvre combattante
De continuer

Porter le drapeau rouge
Lever le poing au ciel
Suivre la France qui bouge
Jusqu’au grand Arc-en-Ciel
Donner toute ma vie
Et chercher l’Infini
L’Ultime Liberté

Alors j’ai promis
Alors j’ai compris
La lutte des classes
Et l’exploitation
L’argent qui fracasse
Et l’horreur des religions
Alors j’ai promis
Je serai la relève
Aux matins de grèves
Celui qui poursuit
Le combat d’une vie
Dans la fureur et dans le bruit
Pour le partage de la vie

Aux soirs de défaites
Désarmé et seul
Face aux bourgeois qui fêtent
Des prolétaires, le linceul
Me prend l’envie d’abdiquer
De tout abandonner

Oui, mais j’ai promis

Et je me souviens
Nous ne sommes rien
Alors soyons tout
Alors soyons fous
A encore vouloir
La lumière rouge en plein dans le noir

Cette chanson, toujours, il me faut la chanter
Dont l’auteur s’appelle Eugène Pottier
Aujourd’hui, camarade papy, si tu n’es plus là
Debout et fière je poursuis le combat
Et noie ma tristesse
En tenant ma promesse

7 Octobre 2017

 

Mon Enfant

Mon garçon, ma fille
Qui n’est pas encore
Mon avenir qui brille
Comme Soleil du Nord
Je ne sais qui t’accueillera
En ses bras maternels
Mais je te veux rebelle
Insensible à l’argent
Que toujours tu sois fidèle
Aux petites gens
Je ne sais quand tu viendras
Mais je te veux battant
Quand je ne le serai plus
Que toujours tu sois combattant
Face à l’immense Refus…

Mon garçon, ma fille
Qui viendra demain
Mon avenir qui brille
Ne lâche pas ma main
Que tu sois toujours
Tête froide, poings levés
Qu’au long des jours
Tu puisses t’élever
Lorsque je quitterai la route
Les chemins d’Espoir
Que agripperont les doutes
Et tombera la nuit noire.

Mon garçon, ma fille
Qui viendra un jour
Mon sac de billes
Ma pointe d’Amour
Sois toujours capable
Au coeur du Volcan
De ne pas croire les fables
Que racontent les fables

Mon garçon, ma fille
Ultime certitude
Mon étoile qui brille
Comme Pacifique Sud
Où donc vas tu éclore
Au bout de quelle rue ?
Quel improbable décor
Bouleverseras tu ?

Mon garçon, ma fille
Le jour où tu viens
Que tu sois Louise
Ou Maximilien
Que toujours tu puisses
Dans tes claires pupilles
Suivre le chemin
Que je t’ai ouvert
Vers ces lendemains
Faits de coquelicots verts

Mon enfant futur
Tu es la plus belle relève
Qui brisera les murs
Ouvrant la route des rêves…

2 Octobre 2017

De la République au Socialisme (Jaurès, 1893)

Extraits de ce discours qui synthétise, sur plusieurs thèmes essentiels (souveraineté, république sociale, éducation, syndicalisme, capitalisme…), la pensée de Jaurès à la fin du XIXe siècle.

La République sociale ; ordre politique et ordre économique

«  La vérité, c’est qu’en France même, dans notre France républicaine, le mouvement socialiste est sorti tout à la fois de la République, que vous avez fondée, et du régime économique qui se développe dans ce pays depuis un demi-siècle.

Vous avez fait la République, et c’est votre honneur ; vous l’avez faite inattaquable, vous l’avez faite indestructible, mais par là vous avez institué entre l’ordre politique et l’ordre économique dans notre pays une intolérable contradiction.

Dans l’ordre politique, la nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé ; dans l’ordre économique la nation est soumise à beaucoup de ces oligarchies […]

Oui, par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement ; ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres ; mais au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage.

Oui ! au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré.

Il peut être chassé de l’atelier, il ne collabore pas aux règlements d’atelier qui deviennent tous les jours plus sévères et plus captieux, et qui sont faits sans lui et contre lui.

Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes, et à tout moment, ce roi de l’ordre politique peut être jeté dans la rue ; à tout moment, s’il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut se voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes compagnies minières. Et tandis que les travailleurs n’ont plus à payer, dans l’ordre politique, une liste civile de quelques millions aux souverains que vous avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une liste civile de plusieurs milliards pour rémunérer les oligarchies oisives qui sont les souveraines du travail national.

Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici ; c’est parce qu’il veut que la nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. C’est la République qui est le grand excitateur, c’est la République qui est le grand meneur : traduisez-la donc devant vos gendarmes ! (Nouveaux applaudissements sur les mêmes bancs.)

Emancipation politique et émancipation sociale

Et puis, vous avez fait des lois d’instruction. Dès lors, comment voulez-vous qu’à l’émancipation politique ne vienne pas s’ajouter, pour les travailleurs, l’émancipation sociale quand vous avez décrété et préparé vous-mêmes leur émancipation intellectuelle ? Car vous n’avez pas voulu seulement que l’instruction fût universelle et obligatoire : vous avez voulu aussi qu’elle fût laïque, et vous avez bien fait.

Par là même, vous avez mis en harmonie l’éducation populaire avec les résultats de la pensée moderne ; vous avez définitivement arraché le peuple à la tutelle de l’Église et du dogme ; vous avez rompu non pas ces liens vivants dont je parlais tout à l’heure, mais les liens de passivité, d’habitude, de tradition et de routine qui subsistaient encore.

[…] Eh bien ! vous, vous avez interrompu la vieille chanson qui berçait la misère humaine… et la misère humaine s’est réveillée avec des cris, elle s’est dressée devant vous, et elle réclame aujourd’hui sa place, sa large place au soleil du monde naturel, le seul que vous n’ayez point pâli.

De même que la terre perd, par le rayonnement nocturne, une partie de la chaleur que le jour y a accumulée, une part de l’énergie populaire se dissipait par le rayonnement religieux dans le vide sans fond de l’espace.

Or, vous avez arrêté ce rayonnement religieux, et vous avez ainsi concentré dans les revendications immédiates, dans les revendications sociales tout le feu de la pensée, toute l’ardeur du désir ; c’est vous qui avez élevé la température révolutionnaire du prolétariat et si vous vous épouvantez aujourd’hui, c’est devant votre oeuvre !

République et syndicalisme

Et de même, quand vous avez fondé les syndicats ouvriers, qu’avez-vous prétendu faire ?

[…] Est-ce que vous vous imaginiez, lorsque vous avez fait la loi sur les syndicats ouvriers, qu’ils seraient simplement ou une société de secours mutuels ou je ne sais quelle ébauche de société coopérative de consommation ? Non, toutes ces institutions d’assistance et autres existaient à côté et en dehors des syndicats ouvriers, avant eux. En instituant les syndicats ouvriers, vous ne pouviez faire qu’une chose : donner, aux travailleurs, dispersés jusque-là, le sentiment d’une force plus grande, par leur réunion et par leur cohésion… […] et lorsqu’ils auraient des revendications à produire, soit sur la durée de travail, soit sur les salaires, et qu’ils s’adresseraient au patronat, et que le patronat ne les écouterait pas, donner plus de cohésion et d’ensemble au mouvement de coalition par lequel les travailleurs pouvaient espérer la victoire.

[…] Et maintenant, parce que les travailleurs trouvent en effet dans ces syndicats le sentiment d’une force nouvelle, qui leur permet d’espérer la réalisation de la pleine justice sociale, vous vous effrayez, encore une fois, devant votre oeuvre.

Et c’est chose étrange comme vous méconnaissez la situation présente. Je n’en veux d’autre témoignage que le langage de ce magistrat qui vous écrivait récemment, et qui assurément n’imaginait pas vous déplaire en disant : « Les syndicats sortent de leur rôle, ils deviennent une sorte d’école, d’instrument de propagande socialiste. »

Messieurs, il n’y a que deux moyens pour les travailleurs d’obtenir l’amélioration de leur sort : ou bien des améliorations partielles, immédiates, précaires, par les coalitions, que vous appelez des grèves ; ou bien une amélioration durable, définitive, normale, par la conquête des pouvoirs politiques pour réaliser l’idée socialiste.

Et vous ne vous apercevez pas, lorsque vous faites un grief aux syndicats de se pénétrer de l’esprit socialiste et de sortir de la simple agitation professionnelle pour s’élever à une conception politique générale et supérieure, que c’est vous qui les acculez à la grève comme au seul moyen d’action, alors que le socialisme leur offre dans la conquête des pouvoirs politiques un moyen d’action plus efficace et beaucoup plus étendu.

[…] Il se trouve, messieurs, que le mouvement socialiste est sorti tout à la fois de l’institution républicaine, de l’éducation laïque que vous avez décrétée, et des lois syndicales que vous avez faites ; et en même temps il résulte de plus en plus des conditions économiques qui se développent dans ce pays-ci depuis cinquante ans.

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Concentration du capital, concentration des terres…

Il vous suffit de jeter un coup d’oeil rapide sur la marche de la production dans notre pays, pour constater que dans l’ordre industriel, peu à peu la grande industrie, l’industrie anonyme, servie par les puissants capitaux et par les puissantes machines, se substitue de plus en plus au petit et au moyen patronat, et qu’ainsi l’abîme s’élargit et se creuse de plus en plus entre ceux, de plus en plus rares, qui détiennent les grands moyens de production, et ceux, de plus en plus nombreux, qui ne sont que des salariés, livrés à toutes les incertitudes de la vie.

[…] Ce que nous constatons, c’est que [l]e développement prodigieux du machinisme, qui en lui-même est un bien, a dans le régime spécial de la production qui s’appelle le régime capitaliste, cet effet saisissant que de plus en plus la puissance économique appartient à un nombre plus restreint de producteurs, qu’il devient de plus en plus impossible au simple salarié, à celui qui n’a que ses bras, d’arriver à l’autonomie, à la propriété ; que le régime actuel est la lente et cruelle expropriation de ceux qui n’ont pas les grands capitaux, et qu’il prépare cette concentration souveraine du capital que nous voulons réaliser, nous, pour restituer à tous les travailleurs, dans la propriété nationale, leur part des instruments de travail. 

Et puis, au point de vue agricole, il est un autre fait qui doit vous frapper : c’est que la légende s’évanouit de plus en plus du paysan propriétaire de la terre de France. Je vous rappelle à vos statistiques gouvernementales. La statistique de 1882, signée par l’homme éminent qui dirige le service de l’agriculture, par M. Tisserand, constate en effet que la petite propriété paysanne est une légende. […]

Messieurs, voici ce que dit textuellement M. Tisserand : « En résumé, les moyens et grands cultivateurs détiennent ensemble les trois quarts du territoire agricole, tandis que les millions de nos paysans en ont à peine le quart. »

[…] Donc, le même mouvement va se produire parmi les paysans, parce qu’ils n’ont pas en effet la propriété, parce que parmi les 7 millions de travailleurs ruraux qui sont disséminés sur notre sol, il y en a à peine 1 500 000 qui travaillent une terre à eux appartenant – et encore ces petits propriétaires paysans sont-ils accablés et par l’impôt, et par l’usure, et par l’hypothèque. Et à côté d’eux, il y a 800 000 fermiers pour lesquels vous n’avez rien fait, il y a 400 000 métayers, 2 millions d’ouvriers de ferme, 2 millions de journaliers, un énorme prolétariat rural qui ne peut plus arriver à la propriété, qui est ruiné par le fisc et par la spéculation cosmopolite que vous n’avez pas su empêcher.

En sorte que bien loin que vous puissiez trouver dans la démocratie rurale un point d’appui contre la démocratie ouvrière, nous, nous irons puiser dans cet immense réservoir des souffrances paysannes de quoi compléter la force ouvrière en vue de la conquête du pouvoir politique et de l’expropriation économique et politique de là haute bourgeoisie capitaliste qui exploite le paysan comme l’ouvrier.

Des républicains rétrogrades contre le socialisme

C’est parce que vous sentez vous-mêmes que le mouvement socialiste sort de toutes nos institutions, que vous êtes acculés aujourd’hui, pour le combattre, à une oeuvre rétrograde.

Le socialisme sortait de la République ; vous ne pouvez détruire la République, mais vous y introduisez ses ennemis d’hier en gouvernants et en maîtres, pour en chasser plus, sûrement les militants qui l’ont faite et qui ont versé leur sang pour elle.

Vous ne pouvez pas détruire ouvertement, officiellement votre oeuvre de laïcité, mais vous mettez votre République sous le patronage de la papauté… Oui, c’est la politique de Léon XIII qui vous dirige. C’est au Vatican que vous prenez, ou que votre politique prend son mot d’ordre, et ne pouvant, détruire les lois de laïcité, vous y introduirez le plus possible d’esprit clérical.

De même, vous n’oserez peut-être pas détruire ouvertement les syndicats ouvriers ; mais avec ces magistrats qui vous écrivent que les questions de cet ordre sont beaucoup plus politiques que judiciaires et qui se déclarent prêts cependant à appliquer la jurisprudence politique, vous trouverez bien assez le moyen, sans changer les lois, de supprimer en fait la liberté des syndicats ouvriers et de faire une loi de servitude de ce qui a été une loi d’émancipation, Et je suis en droit de conclure que le socialisme est à ce point un mouvement profond et nécessaire, qu’il sort si évidemment, si puissamment de toutes les institutions républicaines, laïques, démocratiques, que pour combattre le socialisme, vous allez être condamnés dans tous les ordres, dans l’ordre politique, dans l’ordre fiscal et dans l’ordre syndical, à une oeuvre de réaction.

Eh bien ! faites-la, essayez-la ! Et pendant que vous userez ce qui peut vous rester de force et de prestige à lutter contre le peuple en marche, dans les intervalles que nous laisseront vos persécutions impuissantes, nous apporterons les projets de réforme que vous n’avez pas apportés ; et puisque vous désertez la politique républicaine, c’est nous, socialistes, qui la ferons ici.

Jean Jaurès
21 novembre 1893
(De la république au socialisme)

« Bonsoir Messieurs Dames »

J’ai hésité. Beaucoup. Publiera. Publiera pas. Parce que mieux vaut le voir. L’entendre. Après tout le temps que j’y ai passé, les doutes que j’ai vécu, les peurs que j’ai eu à monter sur scène… Tout cela me donnait envie de garder le texte écrit pour moi… Et puis… Toujours cette envie inexpliquée… Partager… Pour l’égo aussi, évidement…  Alors le voici, ce sketch que j’ai joué sur la scène du Montmartre Galabru. Modestement je pense qu’il est pas mal, et que certains jeux de mots sont plus compréhensibles à l’écrit qu’à l’oral ( ce qui est un peu con je te l’accorde).

PS: Tu peux le trouver sur You Tube, mais je te laisse chercher 🙂

Bonsoir Messieurs Dames

Comment tu le trouves le début ?

Comment ça « bof ça manque de combat »??

Tu te trouve Drôle?

Viens ici, tu vas moins faire ton malin Depuis le début tu es la à rigoler. Allez viens, tu vas moins faire ton malin. Il va le chercher, prend dans ses bras

C’est de ta faute tout çà. C’est toi qui m’a poussé au cours de théâtre, soi disant qu’il devait y avoir des jolies filles. Voilà. Tu t’es encore foutu de ma gueule. Ca fait 30 ans que çà dure

Donc . Voilà où j’en suis. J’ai passé une nuit blanche. J’ai tout donné. Et j’en suis à « Bonsoir messieurs dames ». Pourtant j’étais au taquet… pfff… donc qu’est ce qu’on fait parceq’uon est d’accord, c’est naze. Pas la moindre idée de début de sketch. Rien, Pas la queue d’une. Sauf la mienne. Ca risque de faire court.

Allez je reprend « Hum hum. Bonsoir messieurs dames ». Bon. Ce que j’espère c’est que les gens dans la salle auront payés cher leurs places.

Du coup ils vont rire. Si, si je t’assure, plus tu paies cher, plus tu te sens obligé de rire.Faut rentabiliser.

Allez aide moi, Au lieu de me regarder avec tes yeux de Jean Vincent Placé. Cherche Creuse.

Le bonheur vient en creusant comme dirait Xavier Dupont de Ligonnès Elle est bonne celle là non ?

Oh mais je sais ! Une passion… Une passion çà peut être un bon point de départ.

D’où j’ai pas de passions. J’ai, j’ai… Jacquie et Michel…C’est trop bien Jacquie et Michel.

Jacquie et Michel…Tous ces dialogues troussés, ses sentiments enfouis, ses décors sublimes, toutes ses passions… déflorées…

Mouais… 5 minutes sur Jacquie et Michel je ne sais pas… en général moi çà prend 30 secondes… 40 quand je paye, c’est comme le prix des places  d faut rentabiliser. .

Ah Oui.. Une communauté. C’est vrai que t pour faire un bon sketch et réussir dans ce milieu faut appartenir à une communauté. Ben non . Je suis pas noir . Enfin je crois pas. Je suis pas une femme. Enfin je crois pas.. Je suis pas en marche. Çà je suis sur.

Non aucunes communautés.

J’ai beau faire le tour de mes amis. Je ne vois pas. Pour çà faut avoir des amis. Je veux dire, de mon âge. Car des plus vieux j’en ai. Oui, j’ai pas mal de potes âgés, dont certains sont des vrais légumes.

Ah si… Je suis con… Je suis dépressif! Sauf que c’est pas tout le temps, Si c’est pour faire ½ sketch… Tiens je pourrai partir la dessus.. Y ‘a des dépressifs dans la salle ce soir ? Au balcon sûrement. Oui j’ai vu qu’il y a pas de balcon au Galabru, mais j’ai une super vanne. Oui çà fait : au balcon sûrement. Non saute pas. Ou sur ta voisine au pire. Oui je sais. Mais au point ou tu en es… Sinon on en revient a Jacquie et Michel.

Mouais… J’sui d’accord la dépression c’est pas très marrant comme sujet. Faut tenir la corde.

On oublie.

Le boulot ?

Bof le boulot. Tout le monde parle de son boulot sur scène. Ca peut être marrant mais moi je suis pas proctologue. Je bosse avec les enfants… Il y’a que dans le Nord pas de Calais que çà marche les enfants. Tu sais, cette région où il n’y’a jamais de soleil. Si si je t’assure seuls les enfants sont pénétrants la bas ; Et leurs oncles évidement.

Du 12 ans d’age dans la cave, la bas, ce n’est pas du whisky…

Oui pas sur

Trop glissant comme sujet.

Ca marche pas. Ou trop…

Alors. Je sèche là.

Qu’est ce q’uon fait. Parce que je peux pas reculer maintenant. Si si. Si je recule comment veux-tu…

Ca ? Ca ?

Alors … Comment ? CA CA !

Ah çà non je peux pas.

Tu me vois faire cinq minutes sur CA?

Non je peux pas

Tu me vois débarquer sur scène et parler de CA !

C’est comme la religion, délicat comme sujet, jésuite. D’ailleurs Dieu, çà fait longtemps que j’ai fait une croix dessus. Et pour ce que çà rapporte, des clous…

Tu me vois arriver

Attend je te la fais

« Bonsoir. Je suis de Gauche. » Sérieusement. Ca marchera pas avant 2032. Si si la gauche peut gagner en 2032, tout est possible Patrick Bruel a bien 30 ans de carière

Résumons…

J’ai raté ma vie politique

J’ai raté ma dépression

On va essayer de réussir au moins ce sketch.

Allez viens…

 

 

Au long des verres

J’aime vivre au long des verres
Accoudé aux zincs fatigués
J’écoute zigzaguer la terre
Dans un silence fracassé

Accoudé aux zincs fatigués
D’un quelconque bistrot parisien
Je laisse dans ma gorge couler
Des nectars qui me veulent du bien
Venus des vertes plaines d’Irlande.
Le goût du bonheur s’en revient
À chaque gorgée qui descendent

J’aime vivre au long des verres
Où mes démons viennent se noyer
J’aime vivre au long des verres
Où mes rêves viennent surnager….

Et chaque tournée qui s’éternise
Ralenti la marche de la nuit
Et s’éloigne la Terre Promise
Dans la fureur et dans le bruit

Et s’éloigne la Terre Promise,
Qu’on appelle sobrement l’enfance,
Comme tragiquement fond la banquise
Dans une humaine indifférence

J’aime vivre au long des Guines
Sous toutes les lumières du passé
Qui me rappelle sans cesse
Ce que je n’aurai jamais été….

Sous toutes les lumières du passé
Je traverse l’éternel hiver
Et laisse mes certitudes valser
Au long des verres….

Septembre 2017

Venezuela : poursuivre la Révolution

République sociale

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle…

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Droit à l’avortement : nos ventres, leur guerre

Ma Gauche à moi

Caroline Fourest

C’est aux résistances qu’elles suscitent qu’on mesure la force des conquêtes. La libération du corps des femmes du risque de grossesse non désirée est la plus grande des avancées du XXe siècle. Un pas plus grand que celui posé sur la Lune, qui rend fous tous les bigots, tous les médiévaux, tous les soumis à la fatalité divine ou naturelle. Car cette déconnexion entre sexe et reproduction coupe la chaîne de l’esclave sur qui repose la domination suprême et masculine.

Tant que les femmes ne peuvent pas maîtriser leur ventre, elles ne peuvent maîtriser leur destin. C’est pour ne pas tomber enceinte que les femmes ont longtemps été interdites d’aimer en dehors du mariage. Quand la libération sexuelle est enfin venue, d’abord parce que les hommes y avaient intérêt, c’est sur les femmes que pesait toujours le poids de cette liberté. Seule la contraception associée à la légalisation de l’IVG…

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Chalutier

 

« Homme libre, toujours tu chériras la mer »
Charles Baudelaire

Vivre là ! Ermite sans bagages
Secoué par les flots
Vivre là ! Anonyme membre d’équipage
De n’importe quel cargo….

Donnez-moi n’importe quel chalutier
N’importe quel Océan
Laissez-moi tranquillement voguer
Sous tous les rugissants

Vivre là ! Prisonier volontaire
Sur les eaux déchainées
Vivre là ! Reclus et solitaire
Jusqu’au jour de Clarté…

Vivre là ! Passager clandestin
Entre les rochers noirs
Vivre là ! Bousculer le destin
Le cours de mon histoire…

Plus jamais les hommes
Plus jamais le monde
Des livres et du rhum
Et les vagues qui grondent

Donnez moi… N’importe-quoi
N’importe quelle carcasse
Même coquille de noix
Et voguent mes angoisses

Donnez-moi n’importe quel chalutier
Pourvu qu’il puisse naviguer

« O combien de marins, combien de capitaines »
Ne m’oubliez pas pour la course lointaine…

Aout  Septembre 2017