De profundis

 

A François, Isidore, Arthur, Charles, Paul et toute la cohorte des incompris… avec dévotion.
A celles qui ont fait de mon cœur un Waterloo où même Grouchy n’aurait pas changé le cours de l’histoire
A Allain l’Albatros, qui a eu le courage que je n’aurai surement jamais…

Quand reposerai-je tranquille en mon ultime demeure ?
Loin des hommes et de leur foutue clameur
Plus haut que le ciel immense
Ultime guérison à trop de mes souffrances.

La sous les cieux profonds ou je ne manquerai
Ni aux femmes ni aux hommes, en un mot à personne
Serein et souriant seul je m’abriterai
A l’ombre de Perséphone

Quand coulera-t-il enfin ce boitillant paquebot ?
Qui en a un quart de siècle ne vécut qu’une décennie
Et heurta de plein fouet l’iceberg menant au tombeau
Lorsqu’il entra, déjà, en adultie

En vers et contre vie ne faisant que passer
Sur ce drôle de radeau bien top mal ficelé
Je laisse le cadran tout doucement tourner
En attendant, en vain, que mon heure ait sonnée

Les femmes, toujours les femmes, sublimes armes du crimes
N’auront pour simple et unique héritage
Que quelques livres jaunis et trois ou quatre rimes
Disposées çà et là, sur de bien tristes pages

Elles que j’ai tant aimé. Qui mal me le rendirent
Blondes ou brunes, à présent cela m’importe peu
Elles ont déchiré, découpé mon empire
Et fait de moi un souverain au royaume malheureux

Je m’assiérais tranquille, seul tout prés du comptoir
Du bistrot préféré. Du frangin et nous rigolerons
En repeignant le monde tel qu’on aimerait l’avoir
Dix fois, vingt fois, cent fois, nous le fabriquerons

De profundis Clamavi écrivit le grand Charles
En rêvant des passantes que bien trop il aimât
Et s’il faut que je parle
De celle qui, mon cœur jadis brula

Je ne dirais plus rien. De ce que j’écrivis déjà
Il y a fort longtemps. De cet amour à présent
Envolé, disparu, partie ici où là
Enpoussiérée, a jamais dans le vent

Que ce soit la révolution, l’amour ou la corde
Il faudra bien qu’un jour tout passe et tout casse
Il faudra bien que pour une ultime fois l’on me borde
Et que l’on m’oublie au grès du temps qui passe…

© Cécilien GREGOIRE

Juin 2013

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