Famille pour Famille

 

En guise de préambule, en sorte de prologue
A cette supplique indispensable
A ce long mais salutaire monologue
Que moi, qu’ils pensent tous incapable
Je leur adresse comme une bouteille à l’amour
Mais aussi comme coup de pied au cul
Pour leur montrer, qu’au grés des jours
Je sais au moins écrire, je n’ai pas tout de perdu
En guise de préambule à ce soliloque sans fin
Je voudrais dire ma révérence
À la grande dame de Tassin
Que par ces mots j’offense
En lui empruntant ce titre
Guliverte de la chanson, grande dame de l’écriture
Veuillez m’excuser pour cette imposture
Mais il fallait un titre
À cette diatribe acerbe
Et je n’ai point trouvé mieux
Que famille pour famille.
Car du triptyque haineux
Qu’aux garçons et aux filles
L’ordre nouveau voudrait imposer
Il n’y en a qu’une sur laquelle jamais je ne gerbe
Et ce n’est pas l’amour de la Patrie sacrée
Et encore moins la valeur travail
Oui dans cette morale réactionnaire il n’y a qu’elle qui vaille

Même si nos cœurs ne font qu’un
Si l’on se donne tout sans compter
Si l’on a blason et parfois drapeaux communs
Voila que ce matin mes mots vont voltiger
Même si l’onpp s’aime à en crever le ciel
Cette tirade aujourd’hui devient essentielle
Même si vous m’avez tout donné et même plus
Quand je pense au pire, quand je veux m’interrompre
Quand je me déteste, quand je ne m’aime plus
Envie de tout lâcher, le monde que je porte sur mes épaules
Parce qu’il y a fort longtemps que je n’attends plus personne
Et bien sur que personne ne m’attend, dites moi si je me trompe
Famille pour famille, le bonheur que je vous montre n’est que mon meilleur rôle
Je meurs de malenfance, c’Est-ce qu’il vous faut comprendre
Je me consume à vos réussites illusoires
Bien que j’ai eu et ballons rouges et jamais rien à rendre
La seule chose qui m’importe est ma place dans l’histoire
Bien que j’eus le confort, la ouate, et les câlins
J’ai mal à la vie, j’ai mal aux années, j’ai mal à moi-même
On ne peut rien y faire. Cela se nomme le destin
Famille pour famille, vos inquiétudes sont légitimes
Quant à mon silence il en va de même
Il suffit de lire entre les lignes
Tout est écrit noir sur verso
Mon désespoir irréversible
Et tous mes drapeaux rouge et vert
Qu’il n’ y a rien de plus terrible
Que d’entrer en adultie
Et que jamais ô grand jamais
Savoir l’enfance disparue, savoir mes dix ans révolus
Jamais je ne m’y ferais.
Que cogne dans mon ventre la marche de la nostalgie
Comme la grande armée se retirant après avoir perdu
La campagne de Russie
Ou bien Waterloo je vous laisse le choix des larmes
Famille pour famille, même si la roue peut tourner
Le temps a de trop puissantes armes
Pour m’empêcher de trop longtemps rêver
Peut-être mes codes, peut-être mon monde
Ne sont pour vous que langues étrangères
Peut-être que voudrai-je le monde
Un peu trop révolutionnaire

Famille pour famille, tout l’amour qui est le votre
Ne pourra faire plus que ce qu’il ne fait déjà
Pour guérir en plus des vôtres
Les blessures de mon âme, et la vieillesse
Qui arrive déjà.
Et quelques soient le nombre de maitresses
Le nombre de dentelles, que mes mains maladroites
Caresseront de haut en bas, de gauche
à droite
Planera toujours au dessus de mon être
De mon plus grand amour, le spectre
Le fantôme errant de cette infirmière
Que j’aima trois étés et trois hivers
Et famille pour famille
Elle n’en fera pas jamais partie
Elle qui fut mon océan, mon ile
Et éternellement ma dernière patrie.

Que je leur offre Paris, que je leur offre ma vie
Les femmes! Toujours les femmes ont raison de moi
Elles sont mes amours, mes désirs, mes pires ennemis
Égayent mes jours, hantent mes nuits. sont mon bonheur et ma croix
Et famille pour famille si vos couples durent
Si vos amours sont grandes et pures
Posées, carrés, comme des additions
Les miennes se soustraient plus qu’elles ne s’ajoutent
Et s’accompagnent d’addictions
Éthylique et chimique… il n’est point besoin que j’en ajoute
Je n’ai nul besoin de pitié, ni de secousse
Et famille pour famille, nul besoin d’être défendu
Nul besoin que l’on me pousse
Plutôt que l’on me laisse m’enfermer quand je le souhaite
Derrière la porte de mes paradis perdus.
Famille pour famille je ne souhaite
Rien de mieux. Que l’on s’aime encore et encore
Sans questions, sans paroles, sans remords

© Cécilien GREGOIRE

Juillet 2013

 

 

 

 

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