Souvenirs et Solitude

Hommage au grand ministre du Front Populaire. Je débutais ces vers il y a un an, au moment de sa panthéonisation… il me fallut presque un an pour le terminer. Tenant absolument à ce qu’il soit présent dans Les Yeux de Chimène, je le publie ici également. Comme un premier essai…

 

Entre ici, Jean Zay. En ce temple de la Nation

Entre ici, Jean Zay. En cette commune maison
Où les Grands nous surveillent sereinement
Cependant que Marianne, dans un grand tremblement
Abdique son sourire, se donne au plus offrant
Ne sait plus quoi faire de ses tristes enfants

Entre ici, Jean Zay. Entre parmi les tiens
Viens reposer tranquille au soleil hugolien
Entre, ici Jean Zay. Bienvenu chez toi
Entre ici Jean Zay. En ton ultime toit
.
En Riom la traîtresse. Un jour d’Octobre 40
Quelques soldats de pacotilles
Quelques revanchards hurlants
T’envoyèrent en cette Bastille
Vers un avenir impuissant
En ruminant leurs années 30

Dans ces geôles immondes ou d’autres avant toi
Furent jetés comme des chiens
En l’homme jamais tu ne perdis la foi
Ni l’espoir insensé de revoir les tiens.
Hélène en son berceau ne savait qu’elle portait
Sous le landau, couchés, les mots de l’espérance
Qu’après la Tragédie, tu voulais pour la France.
Mais la France est malade, la France se tait
La France, elle se vend, elle maréchalise
C’est en prison que finit le temps des cerises
La liberté ou le trépas
Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas.

Un matin comme un autre ils virent te chercher
– N’ayez crainte Monsieur on vient vous évader
Ce ne furent seulement que traîtres déguisés .
Traîtres à la Nation, traîtres qui t’ont assassiné
Et c’est dans ce fossé à tout autre pareil
Que tu entras en l’ultime sommeil…
Puis les années passèrent
Et devinrent vainqueurs les vaincus d’hier
Mais toi ? Où étais-tu ? Qui te savait encore
Qui prononçait « Jean Zay »quand tombaient les hommages
Qui pouvait dire très fort
Que du radeau de la France digne, tu fus membre d’équipage.

Repose-toi à présent. Dors dors compagnon.
Écoute monter, monter la chanson
Les mots de Rouget de Lisle
Berceuse universelle encore si fragile

Entre ici, Jean Zay, entre parmi les tiens
Viens réchauffer ton âme
Sous l’arbre voltairien
Ainsi s’achève le drame
Tu connus la souffrance
De ceux de notre camp
Qui crièrent « La France »
Et nos frères pourtant.

En ces jours discutables
Où la Belle se perd
À s’asseoir à la table
Du Diable et de son père,
Ton oraison, Jean Zay sonne comme un rempart
Souvenir d’un temps où le grand étendard
Illuminait le monde de ces trois couleurs
Ce furent les jours heureux, ce furent les belles heures

Et le vent charriant les idées nouvelles ?
Où la République va-t-elle sombrer
Sur quel morne plaine, quel sombre rocher ?

Entre Ici Jean Zay et donne-nous l’espoir
De sortir de ce long tunnel noir
Entre Ici Jean Zay, et nous porterons
Ton drapeau inachevé
Ton œuvre déchirée
Entre ici Jean Zay, entre en nos mémoires
Entre ici Jean Zay, entre dans l’histoire.

Mai 2015

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