T’en Souviens-tu, la France

 

Quelques vieux amiraux venus mourir à terre,
Quelques anciens héros, ensemble me racontèrent
Ce qu’il restait à dire de leurs années fringantes
Où flamboient des étoiles encore bien vivantes

C’est ainsi que j’ai su, l’Honneur de ce Poète
Qui dans la nuit profonde brava le pont de Cé
Puis vinrent les jours heureux. Il chanta à tut-tête
La chanson des canuts, si longtemps délaissée

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques marins échoués sur des plages de bitumes
Quelques vieux chevaliers adeptes d’étranges coutumes
Fouillant dans leur mémoire comme sourciers silencieux
Me contèrent ces jours où tremblèrent les cieux

C’est ainsi que j’ai su. L’Histoire de cette homme
A peine 17 ans, un frêle enfant en somme
Tombé seul. En silence. Et dans ses yeux brillants
Se reflétait l’Espoir. C’était à Chateaubriant

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques anciens nostalgiques à l’âme Vendémiaire
Quelques rouges combattants qui détestaient Brumaire
Exaltaient ces journées que d’autres chantaient si bien
S’agenouillant, perdus, devant Maximilien

C’est ainsi que j’ai su, les mois de doléances
Varennes et le 4 août. Le citoyen Pétion
L’Adieu aux grandes souffrances
Ces jours ensoleillés ou naquit une Nation.

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques hommes sans dieux, qui y croyaient encore
Quelques missionnaires aux reflets tricolores
Et qui savaient par cœur Souvenirs et Solitude
Récitèrent devant moi ces lignes de servitude

C’est ainsi que j’ai su. Qu’on peut être un homme
Aux hommes, inconnu. Et ainsi finir comme
Carcasse abandonnée par une simple nuit noire
Un jour pourtant, survient le Panthéon et le jour de gloire.

T’en Souviens-tu, la France ?

Quelques fières vétérans d’une Bastille heureuse
Se souvenant fort bien du café du croissant
Chantèrent a l’unisson leur vingtaine joyeuse
Un homme une rose à la main au milieu des passants

C’est ainsi que j’ai su. Le temps et l’amour libre
L’Abolition enfin et les larmes de mon père
Une jeunesse debout et de la Seine au Tibre
l’Europe qui te regarde et à son tour espère…

T’en Souviens-tu, la France

Quelques amis lointains, et d’autres bien plus proches
Qui n’ont jamais remisé le drapeau dans leurs poches
Forment avec moi ce haut vœu d’espérance
Celui qu’un jour se rallume, Ô mon pays de France
Ta lumière qui sut si bien se faire rebelle
Et renaisse à jamais ce port universel
Comme phare agité, là-bas tout au bout
Comme astre incandescent quand la nuit est partout…

19 Janvier 2018

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