Les Recoins de l’Ombre

S’il vous plaît. Merci de tirer le rideau
Je ne suis pas venu afficher mon fardeau
Faites un pas de côté. Prenez si vous voulez
Toute la scène et même plus
Faites un pas en avant. Prenez si vous voulez
Des heures de gloires en plus.
Laissez-moi je vous en conjure
Occuper les recoins de l’Ombre
Ne me faites pas la triste injure
De m’épauler dans la pénombre.
Prenez la place qui vous sied
Dans la longue file des médailles
Et laissez moi renter à pied
Jusqu’à l’heure de mes funérailles
Je n’ai pas besoin des honneurs
Que confèrent les belles personnes
Et préfère que l’on m’abandonne
Sur le chemin des randonneurs
Avec mes vers sans illusions
Sans aucunes décorations.

Il se peut qu’un jour sans prudence
On m’octroie une récompense
Je ne dirais que quelques mots :
« Merci. Au revoir. A bientôt »
N’étant pas né pour les éloges
Mais plutôt pour suivre l’horloge.
Comme Tonton Georges et se trompettes
Je ne suis rien d’autre qu’un poète
Dont les vers ont peu d’importance
Au regard de l’Histoire de France.

Le temps de mettre un point final
A mon œuvre pourtant minimale
Que passent les années sans malus
Je me ferai Cincinnatus
N’ayant pour moi que mon orgueil
Qui me surveille du coin de l’œil.

Laissez-moi je vous en conjure
Occuper les recoins de l’Ombre
Ne me faites pas la triste injure
De m’épauler dans la pénombre.

Avril 2020

2 commentaires sur “Les Recoins de l’Ombre

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