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Communiqué du Parti de Gauche: 700 lycéen-ne-s interpellé-e-s : le dialogue et le calme du gouvernement ?

Ce jeudi 6 décembre 2018, au 4ème jour de la mobilisation lycéenne, plus de 300 lycées ont été bloqués pour dénoncer la réforme du baccalauréat et la sélection à l’université. En réponse à ces manifestations, 700 lycéen-ne-s ont été interpellé-e-s partout en France : à titre de comparaison, 378 personnes avaient été arrêtées ce samedi lors de l’acte III de contestation des gilets-jaunes.

A Mantes-La-Jolie, 148 jeunes ont été arrêté-e-s après avoir attendu, à genoux et les mains sur la tête, entouré-e-s de policier-e-s armé-e-s attendant d’être emmené-e-s dans des commissariats du départements. La volonté d’humiliation était claire : ces lycéen-e-s avaient vocation à servir d’exemple à leurs camarades.

Aux scènes de violence physique qui deviennent depuis plusieurs semaines maintenant une habitude, c’est aujourd’hui l’effroi qui a pris place. L’effroi à la vue de ces lycéen-ne-s agenouillé-e-s, les mains sur la tête, leur cartable au dos, cerné-e-s par les forces de l’ordre.

Des blessé-e-s, des tirs à bout portant, des interpellations massives, voilà l’arsenal de répression qui est mis en place face à des lycéen-ne-s pour la plupart encore mineur-e-s. Quand le gouvernement appelle sans concession à l’apaisement, c’est la vie de celles et ceux qui se mobilisent qui est mise en danger.

Les lycéen-ne-s se mobilisent contre la réforme du lycée, contre la réforme du baccalauréat et contre Parcoursup, pour un autre système éducatif. Ils sont reçus par la violence, une violence tant physique que symbolique.

L’annonce de la fermeture préventive ce vendredi 7 décembre d’une vingtaine d’établissements dans l’Oise n’augure aucun changement de cap de la part des autorités qui s’enferment dans la répression.

Alors que Parcoursup avait déjà démontré au mois de juin la volonté de faire du tri entre les élèves parisien-ne-s et les autres, ce sont encore les banlieues et les pauvres qui trinquent.

Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner doivent s’expliquer : pourquoi des lycéen-ne-s sont-ils de la sorte réprimé-e-s ?

Le ministre de l’éducation doit également écouter les revendications qui s’expriment tant de la part des élèves, de la communauté éducative que des parents en revenant sur ses mesures qui n’ont su apporter de réponses satisfaisantes là où il y avait besoin de plus de moyens, de réformes ambitieuses.

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Manifeste pour une refondation républicaine. Par Claude NICOLLET

Je reproduis ici une tribune de Claude Nicollet, Premier Secrétaire de la Fédération Nord du MRC. J’y souscris totatlement, et me réjouis de voir que les convergences avec la FI sont sur de bons rails

Une tornade néo-libérale a déferlé sur le monde occidental. Avec elle s’est imposée la liberté des capitaux, la liberté d’investir, la liberté de circulation. Mais il y a un revers de la médaille: le dumping fiscal mondial, les paradis fiscaux, les délocalisations, la liquidation des entreprises publiques, les flux migratoires sans régulation…
Un souffle puissant

Il n’est donc pas surprenant que le néo-libéralisme éveille à rebours la colère des populations. Tous ceux qui ont soutenu l’abolition des frontières et le libre-échangisme total, qu’ils soient issus de la gauche ou de la droite, font l’objet d’un désaveu profond. Car en France la droite et la gauche, de Maastricht au TSCE en passant par le traité de Lisbonne et le déni du référendum de 2005, ont toujours marché de concert. Avec la chute de LR et du PS la sanction s’est abattue sur ceux qui avaient désiré cette mondialisation sans règle ou qui s’y étaient résigné ; même phénomène en Italie avec la chute des héritiers de la démocratie-chrétienne et ceux de la gauche, en Autriche avec l’élection de Sebastian Kurz et la disparition de l’ancien bipartisme, en Suède avec l’affaissement de la social-démocratie, en Grande-Bretagne avec le référendum sur le Brexit, en Allemagne avec la double crise de la CDU-CSU et de la SPD, en République Tchèque avec la réélection de Milos Zeman, mais aussi aux États-Unis avec la victoire de Trump, au Québec avec celle de Legault, au Brésil avec l’élection de Bolsonaro. Ceux qui sont portés au pouvoir par les électeurs n’envisagent pas tant de rétablir la souveraineté de leurs États et de leurs peuples que d’affirmer de manière ostentatoire leurs identités. Ils font mouche: il est plus simple de se faire élire en dénonçant les conséquences de la libéralisation sauvage de tous les échanges plutôt que de s’en prendre aux causes. Ce sont les diatribes anti-immigration, les exigences sécuritaires, les affirmations fortes d’identité culturelle qui ont séduit les électeurs. La gauche de gouvernement comme la droite modérée sont accusées d’avoir orchestré volontairement l’abolition de toutes les frontières économiques, monétaires, culturelles, humaines. Elles se trouvent donc sanctionnées.

La gauche de gouvernement, en France, se retrouve piégée: les conséquences de ses choix économiques et monétaires frappent d’abord les couches populaires. Le choix de l’euro a désindustrialisé le sud de l’Union européenne et conduit au chômage des dizaines de millions de salariés. Privée de soutien populaire, la gauche Terra Nova comptait sur le soutien des minorités (ethniques, de genre…), en substituant à la question sociale des sujets sociétaux. Mais c’est loin d’être suffisant pour construire une majorité. Plus encore, la question des flux migratoires domine les préoccupations populaires. Ne nous y trompons pas, c’est bien l’afflux incontrôlé de travailleurs polonais au Royaume-Uni qui a fait basculer le vote en faveur du Brexit. C’est la question migratoire qui est à l’origine de l’élection du chancelier Kurz à Vienne, de la montée de l’AfD et des difficultés d’Angela Merkel à Berlin, de l’affaissement des socio-démocrates suédois, de la coalition Salvini / Di Maio à Rome. C’est la défense d’une identité culturelle des sociétés qui est le moteur de ces élections récentes: on le voit à Budapest où on veut «défendre la Hongrie contre le parti de l’immigration», à Varsovie où le Premier Ministre assène: «nous n’accueillerons pas de migrants issus de pays d’Afrique ou du Moyen-Orient», à Prague où le Président Zeman dénonce une «invasion organisée de musulmans impossibles à intégrer»…

C’est le défi lancé au visage des républicains de progrès. L’immigration sans règle va-t-elle amener par contrecoup l’extrême droite au pouvoir dans nos pays d’Europe? À l’inverse, est-ce qu’une protection policière de nos sociétés contre l’immigration clandestine va défigurer notre façon de vivre?

On ne luttera pas contre l’avancée de l’extrême droite en mettant en œuvre les recettes qu’elle préconise.

Tout fonctionne en couple. Le discours gauchiste prônant un laxisme total, et taxant de racisme toute volonté de régulation, est un puissant moteur pour les partis d’extrême droite. De même la pseudo-stratégie de La République en Marche, visant à opposer les «progressistes» aux «conservateurs», fera basculer les couches populaires dans le camp conservateur. Le court terme électoraliste relève d’un aveuglement périlleux.

Pour sortir de ce piège, les républicains de progrès doivent sortir du déni, aborder la question des flux migratoires avec l’exigence de vérité, et dès lors reconquérir les couches populaires et replacer au centre du débat les questions sociales et économiques.
Sortir des dénis

Oui l’intégration des nouveaux venus est difficile, surtout pour les couches populaires. Il est plus facile de les accuser de xénophobie que de comprendre leurs difficultés quand on compte 3 millions de chômeurs avec une croissance de l’économie très faible. Oui, la visibilité d’une religion nouvelle venue pose des problèmes. Il est plus facile de dire «après tout, nos grands-mères portaient des mantilles», de nier les tensions à l’école, à l’hôpital, dans les quartiers populaires, que de construire l’intégration d’un Islam de France, d’un Islam des Lumières. Il est plus facile de poursuivre les ambiguïtés de notre politique étrangère au Moyen Orient que d’instaurer une cohérence entre la lutte contre le djihadisme à l’extérieur et contre l’islamisme à l’intérieur. Sortir de ces dénis est une condition de la reconquête.

On ne luttera pas contre l’avancée de l’extrême droite dans toute l’Europe en mettant en œuvre les recettes qu’elle préconise. Ce n’est pas par la fermeture des frontières, l’immigration zéro, l’exaltation des racines chrétiennes de l’Europe qu’on pourra la contenir. C’est en répondant aux attentes populaires par une politique républicaine des flux migratoires: accueil sans condition et sans limite des bénéficiaires de l’asile politique ; mais accueil des migrants économiques dans la stricte limite de nos capacités d’emploi, de logement, d’équipements publics. Et respect de nos lois, de nos us et coutumes, et surtout du principe de laïcité. Chacun comprend que les défis des populations d’Afrique ne seront pas relevés par l’exil, mais par le développement: il serait temps de ne plus s’en tenir aux invocations mais de mettre le co-développement à l’ordre du jour d’une Eurafrique solidaire.

De même il faut oser affirmer que la gauche de gouvernement, dans sa majorité, a fait fausse route dans la conduite du projet européen. Elle s’est engouffrée dans le mythe européiste, substitution à ses ambitions de transformation sociale. Elle l’a tant épousé qu’elle s’est confondue avec lui. Et aujourd’hui, alors qu’il s’effondre, elle s’effondre avec lui. La monnaie unique était une construction politique mal bâtie ; les réalités économiques l’ont déformée pour en faire un outil de domination au service des économies les plus puissantes, ruinant les économies les plus fragiles. Le bilan des effondrements industriels français dus en grande partie à une monnaie inadaptée est sévère. Le tort causé par la mécanique institutionnelle de Bruxelles et le TSCE à la responsabilité des peuples et à la démocratie est immense. Certains ont tiré avantage de la situation. D’autres se sont laissés aller dans la facilité créée par une monnaie forte. Aujourd’hui, les gouvernements ne décident plus de l’essentiel. Ils se sont dessaisis au profit d’une Commission non élue. Il n’y aura pas de renouveau sans renégociation des traités européens et retour du peuple français aux devoirs de la responsabilité.

La France n’est pas une addition de communautés.

La cohésion civique est en péril. Il faut regarder la situation en face. Et prendre la mesure des responsabilités d’une certaine gauche. «Dans les années 70 et 80, encouragés par des professeurs d’université eux-mêmes inspirés par des penseurs français tels Foucault et Derrida, une nouvelle orientation disséminée sur les campus universitaires a rejeté des concepts aussi contraignants que la citoyenneté et le devoir. Elle mettait l’accent sur les revendications identitaires particulières, qu’il s’agisse de sexe, d’orientation sexuelle, d’appartenance ethnique, etc.» note l’écrivain britannique James Meek . «À gauche, une idéologie fétichise nos attachements individuels et de groupe et jette une ombre de suspicion sur toute évocation d’un «nous» démocratique et universel» fustige Mark Lilla en rendant les errements des progressistes responsables de l’élection de Trump . L’exaltation des différences, l’éloge du communautarisme, sapent la citoyenneté. Sur un océan d’individus déliés de liens civiques, l’argent règne sans partage. Les républicains de progrès doivent mesurer l’âpreté du combat idéologique à venir.
Reconquérir les couches populaires

La reconquête des couches populaires perdues est la priorité. Pour cela il faut présenter des choix clairs.

La France a un avenir. Elle n’est pas condamnée à disparaitre dans un magma européen dont personne ne veut sur notre continent. Elle a une identité, changeant à travers le temps, évolutive, capable d’intégrer les apports, mais parfaitement respectable. Les heures noires doivent être assumées, mais ne doivent pas éclipser les grandeurs: de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen à la réhabilitation de Dreyfus, de la Révolution française à la Résistance, de l’abolition de l’esclavage à celle de la peine de mort.

La citoyenneté met au-dessus des différences la commune appartenance. Et chacun peut articuler ses particularités et sa participation à la communauté nationale. Ce que Yascha Mounk nomme «patriotisme inclusif» s’appelle l’intégration républicaine. La France n’est pas une addition de communautés. Pour réussir l’intégration des nouveaux citoyens, ni la repentance ni la honte de soi ne sont de bonnes méthodes: il faut promouvoir l’égalité et le civisme, la citoyenneté, ensemble indissociable de droits et de devoirs. Le respect de la laïcité, de nos us et coutumes, n’est pas négociable.

Pour donner un avenir à la France, il faut desserrer le carcan européen. Les traités doivent être révisés ; la monnaie unique doit devenir monnaie commune, capable de s’adapter aux rythmes économiques différents des États membres. Les odes aux États-Unis d’Europe et au fédéralisme glissent sur les couches populaires comme l’eau sur les plumes d’un canard. Il faut clairement s’opposer aux mythes européistes qui nous ont apporté chômage, désindustrialisation, mise en cause de la démocratie, effacement dans le monde.

Répondre au défi migratoire est indispensable.«Il faut pouvoir s’emparer de la question migratoire, sans quoi ce sont les nationalistes qui s’en chargeront» souligne Yascha Mounk. Les républicains progressistes doivent faire face aux inquiétudes populaires. L’immigration doit être régulée ; il n’y a pas de droit automatique à l’installation sur notre territoire. Une immigration maîtrisée est un atout ; une immigration sans règle est une aubaine pour l’extrême droite. Le droit d’asile est sacré ; il ne doit pas être détourné. Une pensée ferme, humaine et réaliste, est l’antidote aux démagogues, indispensable pour retrouver la confiance des milieux populaires.
Placer au centre la question sociale et économique

En ayant reconquis la confiance populaire, affectée aujourd’hui par la dérive européiste, la question migratoire, l’affaissement du civisme, nous serons en mesure de replacer les enjeux sociaux et économiques au cœur du débat. Ils sont aujourd’hui masqués par les enjeux sécuritaires ou identitaires. Faute d’y avoir apporté des réponses, partout dans le monde occidental, la gauche de gouvernement est chassée par des vagues d’extrême droite qui ne cachent pas pourtant leurs orientations très libérales en matière économique, avec des conséquences sociales très graves.

Nous pourrons, si nous avons regagné la confiance, placer la question de l’emploi, des revenus du travail, des protections sociales, mais aussi de l’industrie, de l’énergie, au centre du débat politique. Ces questions sont aujourd’hui évincées par les débats identitaires, environnementaux, les sujets de société. Ils passionnent les couches moyennes et supérieures. Mais pour les milieux modestes la priorité reste au travail et au revenu. Le service public est pour eux une garantie d’égalité à laquelle ils sont attachés. La pérennité des protections sociales est aussi décisive.

Desserrer le carcan européen est le préalable qui permettra d’investir massivement dans l’éducation, la recherche. Retrouver une marge de manœuvre monétaire est nécessaire pour conduire une politique fiscale plus juste appelant les plus fortunés à contribuer à l’effort commun. Si nous sommes crédibles dans la remise en cause des traités européens, nous pouvons proposer au pays cette politique nouvelle. Sinon, nous retomberons dans les vœux pieux et l’incantation verbale.

Les nouveaux enjeux économiques sont également déterminants. La mondialisation sans règle amène la domination des Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple…) dans toutes les dimensions de la vie. Les centres-villes sont désertés par le petit commerce concurrencé par la vente en ligne, l’évasion fiscale est maximale et l’information, les médias, l’école sont bouleversés,. L’intelligence artificielle modifiera l’emploi futur: tout cela se décide sans nous. Peut-on reprendre la main sur notre destin sans maîtrise de ces nouveaux monopoles?

De même la protection de l’environnement, la limitation des émissions de gaz carbonique et de gaz à effet de serre, au lieu de culpabiliser les individus, doit mettre en cause le mode de production économique, la financiarisation de la production. Les républicains progressistes doivent éviter «l’écologie punitive» pour choisir le primat du bien commun s’imposant aux acteurs économiques et aux choix des politiques publiques (si la France émet 320 millions de tonnes de CO2, contre 760 en Allemagne et 5 120 aux USA, le choix de l’électricité nucléaire n’y est pas pour rien…). Il y a une vision républicaine de l’écologie, où l’intérêt général s’impose aux intérêts particuliers. Cette vision est préférable à la mise en accusation permanente des paysans, des chasseurs, des ruraux, ou des amateurs d’entrecôte.
Rassembler

Le rassemblement populaire excédera nécessairement les actuelles frontières de la gauche

Ce changement de cap exige un rassemblement populaire puissant. On ne renégociera pas les traités européens avec une courte majorité de 51 % des voix. Une majorité forte ne se construira pas par l’addition de forces dispersées, parfois devenues minuscules, affaiblies par la défaite sans précédent de 2017. Nos voisins espagnols de Podemos invitent à «construire un peuple» plutôt qu’à «reconstruire la gauche», à passer du parti de la gauche française au parti du peuple français autour «d’une idée de patrie radicalement progressiste et démocratique» selon la formule d’Inigo Errejon . Les républicains que nous sommes ne perdent pas de vue ces noces du mouvement ouvrier et de la nation évoquées par Jaurès. C’est la clé d’une union populaire majoritaire: reconquérir les couches populaires, disputer au néo-libéralisme les classes moyennes, isoler les milieux compradores (qui tirent profit de cette situation). Nous ne devons donc pas dévier de cet objectif, concéder quoi que ce soit aux thèses communautaristes, indigénistes, gauchistes ; nous ne devons jamais céder aux tentations de l’identitarisme mais tenir le cap de l’universalisme. Nous sommes attachés à l’État et à son rôle. Nous tenons l’actuelle Union européenne pour le chausse-pied du néo-libéralisme et avons toujours combattu ses illusions. Notre conception de l’action politique n’a jamais cédé aux facilités démagogiques, à l’animation du cirque médiatique. Y consentir n’amènerait rien de plus à ceux qui y sont passés maîtres, mais défigurerait notre tenace action passée.

Comment être utile aujourd’hui au rassemblement de demain? L’affaire ne se joue pas en quelques mois mais en plusieurs années. Ne sacrifions pas au court terme en nous noyant dans une nébuleuse ambiguë. La hâte rend aveugle. Notre seul atout est une certaine clairvoyance: ne le galvaudons pas. Le rassemblement populaire excédera nécessairement les actuelles frontières de la gauche: il prendra du temps et notre apport sera alors précieux. C’est ainsi que nous serons utiles.

Claude NICOLET

Ancien adjoint au Maire de Dunkerque
Ancien conseiller régional Nord Pas de Calais
Premier secrétaire de la fédération du Nord du MRC

Espérance banlieues, alerte dans les écoles modèles de Blanquer

Paul Vannier

Un reportage diffusé ce matin sur France inter propose un édifiant bilan de l’expérience Espérance banlieues, ce réseau d’écoles privées hors contrat créé en 2012 qui compte aujourd’hui 10 établissements à travers le pays.

La journaliste Claire Chaudière revient sur le profil des enseignants (anciens cadres sans expérience de l’enseignement et jeunes en service civique) et s’arrête sur les graves lacunes éducatives dont souffrent d’anciens élèves. Plus grave encore, elle relate la plainte pour abus de confiance, déposée par plusieurs parents d’élèves d’une des écoles du réseau à Marseille. Le personnel semble en effet s’y être livré à d’étranges cérémonies de « bénédiction » dans un établissement se présentant pourtant comme aconfessionnel…

Le reportage de France inter rappelle aussi que le réseau d’écoles privées a reçu, dès son lancement, le soutien de personnalités telles Harry Roselmack ou Jamel Debbouze. Mais il omet celui de l’actuel ministre de l’éducation nationale pour ce…

Voir l’article original 319 mots de plus

Le Mépris et le Combat

Toujours la meute. Toujours les chiens enragés. La petite bande des indignés médiatiques. La cour des salopards. Le bureau des ordures réuni quotidiennement à heures fixes sur tous les plateaux. Toujours les belles personnes et leurs injonctions. Toujours les procès, les salissures contre nous. Nous les militants de la République Sociale, nous les militants de l’égalité, du Partage. De toutes parts viennent des attaques, des informations non vérifiées évidement. Mais relayées. Déformées. Amplifiées. Médiacrates sans styles, plumitifs sans inspirations: tous participent à ce concours général du mensonge.

Cette haine de classe qui transpire de partout n’a qu’un seul but: salir tout mouvement d’opposition au modèle libérale et européiste. Ce petit aréopage d’Albert Londres renierait sans l’ombre d’un doute n’a qu’une mission: désinformer et défendre les intérêts des dominants qu’ils servent contre salaire. Misère du journalisme. Bonheur des oligarques.

Quand ils ne se gaussent pas des menaces de mort sur Jean-Luc Mélenchon, ces belles âmes tentent de salir d’autres membres de la France Insoumise.

Ainsi en est-il ces derniers jours de mes camarades Alexis Corbière et Danièle Simonnet.

 Peu importe qu’Alexis comme Danielle occupent leurs logements légalement: ils sont insoumis, rien ne doit leur être épargné.

Que Corbière ait occupé avec femmes et enfants un appartement à 1200 euros mensuels qu’il avait acquis sur critères sociaux. Qu’importe qu’il ait eu avant son entrée au Palais Bourbon un salaire d’enseignant de 2350. Qu’importe que ce logement ne soit pas un HLM mais un logement à loyer libre. Qu’importe qu’il ait pris l’engagement de le quitter après son élection comme député. Qu’importe qu’a Paris et dans sa région on ne trouve pas un appartement familial en un claquement de doigts… Qu’importe qu’il en soit de même pour Danielle, occupant aussi un logement à loyer libre avec son compagnon et ses deux enfants, qu’importe qu’elle l’ait obtenue en 2003, qu’importe que les fonctions électives qu’elle occupe, comme celle d’Alexis, ne soient pas éternelles.

Qu’importe la légalité. Qu’importe la réalité. Rien ne les arrêtera. Ni la vérité. Ni nos réponses. Corbière comme Simonnet représentent tout ce que ce grand monde déteste: une résistance à leur indécence et à leur morgue. Les attaquer c’est attaquer la France qui résiste groupée autour de 7 millions de voix qui n’en font plus qu’une seule.

Je veux dire ici tout mon soutient à Alexis et Danielle que je connais depuis mon entrée au PG en 2009. Je sais leur force de caractère. Leur inexorable envie de se battre. Je sais leur croyance indélébile en notre victoire prochaine.

Face à ces attaques sans autres fondements que la haine opposons le mépris et le combat.

Nous gagnerons

C.G

27Octobre 2017

De la République au Socialisme (Jaurès, 1893)

Extraits de ce discours qui synthétise, sur plusieurs thèmes essentiels (souveraineté, république sociale, éducation, syndicalisme, capitalisme…), la pensée de Jaurès à la fin du XIXe siècle.

La République sociale ; ordre politique et ordre économique

«  La vérité, c’est qu’en France même, dans notre France républicaine, le mouvement socialiste est sorti tout à la fois de la République, que vous avez fondée, et du régime économique qui se développe dans ce pays depuis un demi-siècle.

Vous avez fait la République, et c’est votre honneur ; vous l’avez faite inattaquable, vous l’avez faite indestructible, mais par là vous avez institué entre l’ordre politique et l’ordre économique dans notre pays une intolérable contradiction.

Dans l’ordre politique, la nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé ; dans l’ordre économique la nation est soumise à beaucoup de ces oligarchies […]

Oui, par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement ; ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres ; mais au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage.

Oui ! au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré.

Il peut être chassé de l’atelier, il ne collabore pas aux règlements d’atelier qui deviennent tous les jours plus sévères et plus captieux, et qui sont faits sans lui et contre lui.

Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes, et à tout moment, ce roi de l’ordre politique peut être jeté dans la rue ; à tout moment, s’il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut se voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes compagnies minières. Et tandis que les travailleurs n’ont plus à payer, dans l’ordre politique, une liste civile de quelques millions aux souverains que vous avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une liste civile de plusieurs milliards pour rémunérer les oligarchies oisives qui sont les souveraines du travail national.

Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici ; c’est parce qu’il veut que la nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. C’est la République qui est le grand excitateur, c’est la République qui est le grand meneur : traduisez-la donc devant vos gendarmes ! (Nouveaux applaudissements sur les mêmes bancs.)

Emancipation politique et émancipation sociale

Et puis, vous avez fait des lois d’instruction. Dès lors, comment voulez-vous qu’à l’émancipation politique ne vienne pas s’ajouter, pour les travailleurs, l’émancipation sociale quand vous avez décrété et préparé vous-mêmes leur émancipation intellectuelle ? Car vous n’avez pas voulu seulement que l’instruction fût universelle et obligatoire : vous avez voulu aussi qu’elle fût laïque, et vous avez bien fait.

Par là même, vous avez mis en harmonie l’éducation populaire avec les résultats de la pensée moderne ; vous avez définitivement arraché le peuple à la tutelle de l’Église et du dogme ; vous avez rompu non pas ces liens vivants dont je parlais tout à l’heure, mais les liens de passivité, d’habitude, de tradition et de routine qui subsistaient encore.

[…] Eh bien ! vous, vous avez interrompu la vieille chanson qui berçait la misère humaine… et la misère humaine s’est réveillée avec des cris, elle s’est dressée devant vous, et elle réclame aujourd’hui sa place, sa large place au soleil du monde naturel, le seul que vous n’ayez point pâli.

De même que la terre perd, par le rayonnement nocturne, une partie de la chaleur que le jour y a accumulée, une part de l’énergie populaire se dissipait par le rayonnement religieux dans le vide sans fond de l’espace.

Or, vous avez arrêté ce rayonnement religieux, et vous avez ainsi concentré dans les revendications immédiates, dans les revendications sociales tout le feu de la pensée, toute l’ardeur du désir ; c’est vous qui avez élevé la température révolutionnaire du prolétariat et si vous vous épouvantez aujourd’hui, c’est devant votre oeuvre !

République et syndicalisme

Et de même, quand vous avez fondé les syndicats ouvriers, qu’avez-vous prétendu faire ?

[…] Est-ce que vous vous imaginiez, lorsque vous avez fait la loi sur les syndicats ouvriers, qu’ils seraient simplement ou une société de secours mutuels ou je ne sais quelle ébauche de société coopérative de consommation ? Non, toutes ces institutions d’assistance et autres existaient à côté et en dehors des syndicats ouvriers, avant eux. En instituant les syndicats ouvriers, vous ne pouviez faire qu’une chose : donner, aux travailleurs, dispersés jusque-là, le sentiment d’une force plus grande, par leur réunion et par leur cohésion… […] et lorsqu’ils auraient des revendications à produire, soit sur la durée de travail, soit sur les salaires, et qu’ils s’adresseraient au patronat, et que le patronat ne les écouterait pas, donner plus de cohésion et d’ensemble au mouvement de coalition par lequel les travailleurs pouvaient espérer la victoire.

[…] Et maintenant, parce que les travailleurs trouvent en effet dans ces syndicats le sentiment d’une force nouvelle, qui leur permet d’espérer la réalisation de la pleine justice sociale, vous vous effrayez, encore une fois, devant votre oeuvre.

Et c’est chose étrange comme vous méconnaissez la situation présente. Je n’en veux d’autre témoignage que le langage de ce magistrat qui vous écrivait récemment, et qui assurément n’imaginait pas vous déplaire en disant : « Les syndicats sortent de leur rôle, ils deviennent une sorte d’école, d’instrument de propagande socialiste. »

Messieurs, il n’y a que deux moyens pour les travailleurs d’obtenir l’amélioration de leur sort : ou bien des améliorations partielles, immédiates, précaires, par les coalitions, que vous appelez des grèves ; ou bien une amélioration durable, définitive, normale, par la conquête des pouvoirs politiques pour réaliser l’idée socialiste.

Et vous ne vous apercevez pas, lorsque vous faites un grief aux syndicats de se pénétrer de l’esprit socialiste et de sortir de la simple agitation professionnelle pour s’élever à une conception politique générale et supérieure, que c’est vous qui les acculez à la grève comme au seul moyen d’action, alors que le socialisme leur offre dans la conquête des pouvoirs politiques un moyen d’action plus efficace et beaucoup plus étendu.

[…] Il se trouve, messieurs, que le mouvement socialiste est sorti tout à la fois de l’institution républicaine, de l’éducation laïque que vous avez décrétée, et des lois syndicales que vous avez faites ; et en même temps il résulte de plus en plus des conditions économiques qui se développent dans ce pays-ci depuis cinquante ans.

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Concentration du capital, concentration des terres…

Il vous suffit de jeter un coup d’oeil rapide sur la marche de la production dans notre pays, pour constater que dans l’ordre industriel, peu à peu la grande industrie, l’industrie anonyme, servie par les puissants capitaux et par les puissantes machines, se substitue de plus en plus au petit et au moyen patronat, et qu’ainsi l’abîme s’élargit et se creuse de plus en plus entre ceux, de plus en plus rares, qui détiennent les grands moyens de production, et ceux, de plus en plus nombreux, qui ne sont que des salariés, livrés à toutes les incertitudes de la vie.

[…] Ce que nous constatons, c’est que [l]e développement prodigieux du machinisme, qui en lui-même est un bien, a dans le régime spécial de la production qui s’appelle le régime capitaliste, cet effet saisissant que de plus en plus la puissance économique appartient à un nombre plus restreint de producteurs, qu’il devient de plus en plus impossible au simple salarié, à celui qui n’a que ses bras, d’arriver à l’autonomie, à la propriété ; que le régime actuel est la lente et cruelle expropriation de ceux qui n’ont pas les grands capitaux, et qu’il prépare cette concentration souveraine du capital que nous voulons réaliser, nous, pour restituer à tous les travailleurs, dans la propriété nationale, leur part des instruments de travail. 

Et puis, au point de vue agricole, il est un autre fait qui doit vous frapper : c’est que la légende s’évanouit de plus en plus du paysan propriétaire de la terre de France. Je vous rappelle à vos statistiques gouvernementales. La statistique de 1882, signée par l’homme éminent qui dirige le service de l’agriculture, par M. Tisserand, constate en effet que la petite propriété paysanne est une légende. […]

Messieurs, voici ce que dit textuellement M. Tisserand : « En résumé, les moyens et grands cultivateurs détiennent ensemble les trois quarts du territoire agricole, tandis que les millions de nos paysans en ont à peine le quart. »

[…] Donc, le même mouvement va se produire parmi les paysans, parce qu’ils n’ont pas en effet la propriété, parce que parmi les 7 millions de travailleurs ruraux qui sont disséminés sur notre sol, il y en a à peine 1 500 000 qui travaillent une terre à eux appartenant – et encore ces petits propriétaires paysans sont-ils accablés et par l’impôt, et par l’usure, et par l’hypothèque. Et à côté d’eux, il y a 800 000 fermiers pour lesquels vous n’avez rien fait, il y a 400 000 métayers, 2 millions d’ouvriers de ferme, 2 millions de journaliers, un énorme prolétariat rural qui ne peut plus arriver à la propriété, qui est ruiné par le fisc et par la spéculation cosmopolite que vous n’avez pas su empêcher.

En sorte que bien loin que vous puissiez trouver dans la démocratie rurale un point d’appui contre la démocratie ouvrière, nous, nous irons puiser dans cet immense réservoir des souffrances paysannes de quoi compléter la force ouvrière en vue de la conquête du pouvoir politique et de l’expropriation économique et politique de là haute bourgeoisie capitaliste qui exploite le paysan comme l’ouvrier.

Des républicains rétrogrades contre le socialisme

C’est parce que vous sentez vous-mêmes que le mouvement socialiste sort de toutes nos institutions, que vous êtes acculés aujourd’hui, pour le combattre, à une oeuvre rétrograde.

Le socialisme sortait de la République ; vous ne pouvez détruire la République, mais vous y introduisez ses ennemis d’hier en gouvernants et en maîtres, pour en chasser plus, sûrement les militants qui l’ont faite et qui ont versé leur sang pour elle.

Vous ne pouvez pas détruire ouvertement, officiellement votre oeuvre de laïcité, mais vous mettez votre République sous le patronage de la papauté… Oui, c’est la politique de Léon XIII qui vous dirige. C’est au Vatican que vous prenez, ou que votre politique prend son mot d’ordre, et ne pouvant, détruire les lois de laïcité, vous y introduirez le plus possible d’esprit clérical.

De même, vous n’oserez peut-être pas détruire ouvertement les syndicats ouvriers ; mais avec ces magistrats qui vous écrivent que les questions de cet ordre sont beaucoup plus politiques que judiciaires et qui se déclarent prêts cependant à appliquer la jurisprudence politique, vous trouverez bien assez le moyen, sans changer les lois, de supprimer en fait la liberté des syndicats ouvriers et de faire une loi de servitude de ce qui a été une loi d’émancipation, Et je suis en droit de conclure que le socialisme est à ce point un mouvement profond et nécessaire, qu’il sort si évidemment, si puissamment de toutes les institutions républicaines, laïques, démocratiques, que pour combattre le socialisme, vous allez être condamnés dans tous les ordres, dans l’ordre politique, dans l’ordre fiscal et dans l’ordre syndical, à une oeuvre de réaction.

Eh bien ! faites-la, essayez-la ! Et pendant que vous userez ce qui peut vous rester de force et de prestige à lutter contre le peuple en marche, dans les intervalles que nous laisseront vos persécutions impuissantes, nous apporterons les projets de réforme que vous n’avez pas apportés ; et puisque vous désertez la politique républicaine, c’est nous, socialistes, qui la ferons ici.

Jean Jaurès
21 novembre 1893
(De la république au socialisme)

Droit à l’avortement : nos ventres, leur guerre

Ma Gauche à moi

Caroline Fourest

C’est aux résistances qu’elles suscitent qu’on mesure la force des conquêtes. La libération du corps des femmes du risque de grossesse non désirée est la plus grande des avancées du XXe siècle. Un pas plus grand que celui posé sur la Lune, qui rend fous tous les bigots, tous les médiévaux, tous les soumis à la fatalité divine ou naturelle. Car cette déconnexion entre sexe et reproduction coupe la chaîne de l’esclave sur qui repose la domination suprême et masculine.

Tant que les femmes ne peuvent pas maîtriser leur ventre, elles ne peuvent maîtriser leur destin. C’est pour ne pas tomber enceinte que les femmes ont longtemps été interdites d’aimer en dehors du mariage. Quand la libération sexuelle est enfin venue, d’abord parce que les hommes y avaient intérêt, c’est sur les femmes que pesait toujours le poids de cette liberté. Seule la contraception associée à la légalisation de l’IVG…

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Après les larmes

Que ces jours vont être long après les larmes. Ces larmes. Mes larmes. Notre échec est réel. Tout le reste est dérisoire. Que nous ayons progressés, que nous ayons construit un mouvement que certains veulent déjà voir comme force incontournable, tout cela importe peu. Nous n’avons pas gagné. Une fois de plus, nous avons buté sur la bêtise. Il n’y a aucune excuse pour ceux qui ont voté pour la haine et la finance, comme pour ceux qui ont préféré Benoit Hamon pour sauver le PS. Aucunes excuses pour ces gens qui jamais ne votent pour leurs intérêts. Ils m’exaspèrent. M’insupportent.

La suite, ce sera sans moi. Ni le second tour, ni les législatives, qui de toutes façons sont jouées, ni surement la suite du mouvement France Insoumise. Rien. Le monde continuera surement. Sans moi pour l’instant. Le temps de me relever. Après les larmes.

C.G 25 Avril 2017

Carnet de Campagne: Attention Fragile.

Je ne suis pas. Je ne serai jamais un optimiste, un confiant de la nature humaine. Cette force naturelle de bonté humaine n’est pour moi qu’Utopie. Cela ne m’empêche pas de croire en nos idées, tout en doutant de leur réception. Ce « Socialisme du pessimisme » m’accompagne depuis le début de mon engagement politique, depuis que d’élections en élections les classes dominées votent toujours contre leur intérêts de classe. Depuis que j’ai compris qu’il ne faut jamais se faire d’illusion. 2012 fut pour moi un révélateur. Lorsque je compris que les citoyens de ce pays n’avaient pas envie de partir à la retraite à 60 ans, pas envie de gagner plus, pas envie d’un SMIC à 1700 euros, bref pas envie de progrès et d’amélioration de leur vie. Lorsqu’entre chaque scrutin je les écoute se plaindre puis voter contre le progrès. Comme ca. En total contradiction avec leur situation. Alors, l optimisme, camarades… Attention a ne pas plonger dans un océan d optimisme, car plus dure pourrait être la chute dimanche soir á 20h. Tous mes amis et camarades, plus engagés que moi dans cette campagne,n’en finissent pas de me dire que nous allons gagner, tant la dynamique populaire est énorme. Tous refusent de croire les sondages, tant il est vrai que ceux-ci se sont trompés ces derniers jours. C’est vrai. Mais le vote utile existe malheureusement. Ma crainte est fondée. Je me souviens tant de 2OO7 que de 2012 ou la peur, l’individualisme s’étaient imposés sans trembler.

Trop d’optimisme risque de nous couter cher, de nous faire tellement mal qu’on ne pourrait pas se relever… Alors camarades, soyons lucides, rien n’est gagné. Soyons sereins mais ne marchons pas trop sur notre petit nuage. Car plus dur pourrait être la chute…

C.G.

21 Avril 2017

 

Le déshonneur d’un homme. A propos « des chiens ».

Il ose tout.

C’est à cela qu’on le reconnaît.

Perché sur sa morgue. Dressé sur son mépris. Il harangue la foule. Sa foule. Cette France du 6 Février 34 pétrie de bêtise, d’individualisme et de déshonneur.

Il se veut innocent. Il se dit victime. Il n’est rien de cela. Moralement, politiquement, il est coupable. Coupable d’arrogance face aux travailleurs qu’il déteste. Coupable de vivre dans un autre monde, irréel fait de cadeaux, d’affaires, d’argent qui circule tranquillement. Un monde de vanité, où chacun se protège en n’oubliant jamais de cracher sur les vertueux.

Machiavel de papier mâché. Tout ce qui est mépris, tout ce qui est haine, tout ce qui est corruption est sien. François Fillon n’est rien d’autre que le représentant de cette droite bornée, qui déteste autant le peuple que la République, qui aime autant l argent que son ego. Cette droite rabougrie, revancharde, ce sang bleu qui chaque jour ne cesse d appeler a la restauration de l’ancien monde. Cette caste sans scrupule qu’il nous faudra bien chasser un jour…

Pour lui et ses soutiens, du moins ce qu’il en reste, tous les coups sont permis afin de se défendre. Même les plus ignobles récupérations. Ainsi le candidat UMP, refusons de les apeller les républicains car il ne le sont pas, n’a pas hésité a comparer sa situation a celle de Pierre Bérégovoy.  Sans honte. Sans vergogne. Par ces mots, il assassine une seconde fois l’ancien maire de Nevers. L’honneur de Bérégovoy déjà jeté aux chiens peu avant sa mort se retrouve récupérer par ceux-la même qu’ils combattaient : les voyous de la République. Honteusement.

Pierre Bérégovoy n’était pas de votre monde, de cet entre-soi dégoulinant, de ces énarques propres sur eux, de ce sérail à qui tout est acquis. C’est cela qui l’a tuée. Lui l’ouvrier parti de nul part qui ne se gênait pas pour secouer ce monde politique. Lui, qui n’a pas su se défendre, tant « l’affaire » n’existait pas, tant l’amitié n’est pas un crime, tant il était innocent… Lui que la défaite aux législatives a tant fait souffrir, tant rendu malade… Autant dire l’exact opposé de François Fillon et sa cohorte de méprisants et de méprisables…

Bon appétit messieurs le chiens, ô ministres sans honneurs, qui vous servez sur le cadavre d’un homme intègre, sachez que cela nous donne une raison de plus de vous détester. Et de vous chassez.

Crachez sur l’honneur de Bérégovoy. Nous cracherons sur votre bulletin de vote…

C.G

Avril 2017

Carnet de Campagne. 7 jours pour l’ Histoire

7. Jours. Il reste 7 jours. 7 jours pour l’Histoire. Une semaine pour renverser la table et enfin confisquer le pouvoir à la caste oligarchique qui n’en finit plus de se gaver. Une semaine où tout doit être mis en œuvre afin de ne laisser aucune polémique, aucun mensonge ne nous abattre. Le 23 Avril, tout reste possible mais ne se fera pas facilement aux vus des attaques que subit notre candidat depuis plusieurs jours. Tout y passe. Y compris les insultes, les mensonges et les manipulations. Rien ne nous est épargné depuis que Jean-Luc Mélenchon a franchi le cap symbolique des 20% et  peu clairement accéder au second tour. Il nous faut raison garder face à ces attaques plus stupides les unes que les autres. Et continuer de convaincre les derniers indécis. Mais une victoire se profile déjà. Celle d’avoir fait revenir aux urnes des électeurs dégoutés, éloignés de la politique qui ont retrouvé le gout du futur grâce à l’Avenir en Commun. L’abstention tout comme le vote fasciste n’est donc pas, sauf pour certains irréductibles, une fatalité.

Tout reste possible. Partout. Toute la semaine il faut convaincre, répondre aux questions, rassurer sur notre programme, expliquer que les autres ne proposent que larmes et désolation, guerre sociale et humiliation.

Quoi qu’il advienne, le meilleur ou le pire, notre campagne fut belle, inventive, joyeuse, pleine d’espoir et d’humanité.

Dans une semaine la France aura basculé d’un côté ou de l’autre.

A nous, citoyens, de faire que ce soit de celui de la lumière…

C.G

16 Avril 2017

 

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