Archives de Catégorie: Vers

Les Grandes Douleurs

Toutes nos grandes douleurs
Sont comme nos passions
Muettes aux creux du cœur
Enfouis sous nos décombres
Et quoi que nous fassions
De la Lumière à l’Ombre
Elles sont nos ports d’attaches
Lourds rochers improbables
Qu’il faudrait que l’on arrache
Sans en être capable.

Toutes nos grandes douleurs
Sont comme nos passions
Muettes aux creux du cœur
Et quoi que nous fassions
Nous restons enchainés
Aux bonheurs en bouteille
Aux armes silencieuses
Le raisin sur la treille
Les Ondes amoureuses…

Toutes nos grandes douleurs
Sans comme nos passions
Aveugles dans la douceur
Et quoi que nous fassions
En remontant le fleuve
Nous passons les écluses
Jusqu’à la Terre-Neuve
Acclamant les excuses…

Toutes nos grandes douleurs
Sont comme nos passions
Elles vont comme la rumeur
Qui s’échoue sur les plaintes
Et malgré l’obsession
Des rires et des étreintes
Elles nous accompagnent
Comme livre de chevet
Comme guide de montagne
Jusqu’à l’inachevé

10 Décembre 2017

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La Promesse

Noël en bout de table
Bouteille qui s’entassent
Là, sur cette terrasse
Rouge et confortable
Une bulle se crée

J’écoute en silence
Comme un débutant
J’apprends en silence
Avec l’insolence
D’un adolescent
J’apprends ma leçon
Comme musique sacrée

Il me parle encore. Il me parle toujours
Aragon, Ferrat, Séguy et les autres
Son enfance rouge sous 36 chandelles
La nuit et le brouillard.
Le printemps arrive toujours trop tard
Les jours heureux et les usines rebelles
Il me parle encore. Raconte toujours
« Méfie toi de tous les apôtres »

Et dans ses yeux qui jamais ne baissent les armes
Voilà que se faufile une larme
Pourra-t-il un jour apercevoir
Poindre le grand soir

Alors du bout des mes lèvres balbutiantes
Je promets
De poursuivre l’oeuvre combattante
De continuer

Porter le drapeau rouge
Lever le poing au ciel
Suivre la France qui bouge
Jusqu’au grand Arc-en-Ciel
Donner toute ma vie
Et chercher l’Infini
L’Ultime Liberté

Alors j’ai promis
Alors j’ai compris
La lutte des classes
Et l’exploitation
L’argent qui fracasse
Et l’horreur des religions
Alors j’ai promis
Je serai la relève
Aux matins de grèves
Celui qui poursuit
Le combat d’une vie
Dans la fureur et dans le bruit
Pour le partage de la vie

Aux soirs de défaites
Désarmé et seul
Face aux bourgeois qui fêtent
Des prolétaires, le linceul
Me prend l’envie d’abdiquer
De tout abandonner

Oui, mais j’ai promis

Et je me souviens
Nous ne sommes rien
Alors soyons tout
Alors soyons fous
A encore vouloir
La lumière rouge en plein dans le noir

Cette chanson, toujours, il me faut la chanter
Dont l’auteur s’appelle Eugène Pottier
Aujourd’hui, camarade papy, si tu n’es plus là
Debout et fière je poursuis le combat
Et noie ma tristesse
En tenant ma promesse

7 Octobre 2017

 

Mon Enfant

Mon garçon, ma fille
Qui n’est pas encore
Mon avenir qui brille
Comme Soleil du Nord
Je ne sais qui t’accueillera
En ses bras maternels
Mais je te veux rebelle
Insensible à l’argent
Que toujours tu sois fidèle
Aux petites gens
Je ne sais quand tu viendras
Mais je te veux battant
Quand je ne le serai plus
Que toujours tu sois combattant
Face à l’immense Refus…

Mon garçon, ma fille
Qui viendra demain
Mon avenir qui brille
Ne lâche pas ma main
Que tu sois toujours
Tête froide, poings levés
Qu’au long des jours
Tu puisses t’élever
Lorsque je quitterai la route
Les chemins d’Espoir
Que agripperont les doutes
Et tombera la nuit noire.

Mon garçon, ma fille
Qui viendra un jour
Mon sac de billes
Ma pointe d’Amour
Sois toujours capable
Au coeur du Volcan
De ne pas croire les fables
Que racontent les fables

Mon garçon, ma fille
Ultime certitude
Mon étoile qui brille
Comme Pacifique Sud
Où donc vas tu éclore
Au bout de quelle rue ?
Quel improbable décor
Bouleverseras tu ?

Mon garçon, ma fille
Le jour où tu viens
Que tu sois Louise
Ou Maximilien
Que toujours tu puisses
Dans tes claires pupilles
Suivre le chemin
Que je t’ai ouvert
Vers ces lendemains
Faits de coquelicots verts

Mon enfant futur
Tu es la plus belle relève
Qui brisera les murs
Ouvrant la route des rêves…

2 Octobre 2017

Au long des verres

J’aime vivre au long des verres
Accoudé aux zincs fatigués
J’écoute zigzaguer la terre
Dans un silence fracassé

Accoudé aux zincs fatigués
D’un quelconque bistrot parisien
Je laisse dans ma gorge couler
Des nectars qui me veulent du bien
Venus des vertes plaines d’Irlande.
Le goût du bonheur s’en revient
À chaque gorgée qui descendent

J’aime vivre au long des verres
Où mes démons viennent se noyer
J’aime vivre au long des verres
Où mes rêves viennent surnager….

Et chaque tournée qui s’éternise
Ralenti la marche de la nuit
Et s’éloigne la Terre Promise
Dans la fureur et dans le bruit

Et s’éloigne la Terre Promise,
Qu’on appelle sobrement l’enfance,
Comme tragiquement fond la banquise
Dans une humaine indifférence

J’aime vivre au long des Guines
Sous toutes les lumières du passé
Qui me rappelle sans cesse
Ce que je n’aurai jamais été….

Sous toutes les lumières du passé
Je traverse l’éternel hiver
Et laisse mes certitudes valser
Au long des verres….

Septembre 2017

Chalutier

 

« Homme libre, toujours tu chériras la mer »
Charles Baudelaire

Vivre là ! Ermite sans bagages
Secoué par les flots
Vivre là ! Anonyme membre d’équipage
De n’importe quel cargo….

Donnez-moi n’importe quel chalutier
N’importe quel Océan
Laissez-moi tranquillement voguer
Sous tous les rugissants

Vivre là ! Prisonier volontaire
Sur les eaux déchainées
Vivre là ! Reclus et solitaire
Jusqu’au jour de Clarté…

Vivre là ! Passager clandestin
Entre les rochers noirs
Vivre là ! Bousculer le destin
Le cours de mon histoire…

Plus jamais les hommes
Plus jamais le monde
Des livres et du rhum
Et les vagues qui grondent

Donnez moi… N’importe-quoi
N’importe quelle carcasse
Même coquille de noix
Et voguent mes angoisses

Donnez-moi n’importe quel chalutier
Pourvu qu’il puisse naviguer

« O combien de marins, combien de capitaines »
Ne m’oubliez pas pour la course lointaine…

Aout  Septembre 2017

Chacun sa Croix

J’aime mieux le désespoir
Le cœur et les yeux déçus
J’aime mieux pleurer dans le noir
Puisqu’à présent tout est perdu
Chacun sa croix…

La sincérité du malheur
Me sied comme un costume clair
J’aime mieux traverser les pleurs
Et me traîner sous les éclairs
Chacun sa croix…

J’aime mieux vivre de côté
N’être que l’ombre de moi même
Loin des voyages inachevés
A rêver de vie de bohème
Chacun sa croix…

Je vis l’amour sans cœur qui bat
De ces je t’aime à sens unique
Jamais je ne livre combat
Ni ne conquière l’Amérique
Chacun sa croix…

Que les certitudes vous inondent
Et le bonheur vous tendent les bras
Tout ceci n’est pas de mon monde
Le grand frisson, je n’en veux pas
Chacun sa croix…

Je suis du langage des mots
Et des pages tournées en silence
Le son tremblant d’une radio
Je suis le signe de l’absence
Chacun sa croix…

Allez donc rayonner plus loin
Gardez pour vous vos sentiments
Vos amours, vos souvenirs en coin
Laissez moi sombrer tranquillement
Chacun sa croix…

La solitude est ma patrie
Qu’entourent de frontières rouges
les rues désertes sont ma fratrie
Aux heures où plus rien ne bougent
Chacun sa croix…

30 Janvier 2017

Mon Ile

C’est de ce sud là que je me revendique

Perché entre la Seine et le périphérique

C’est de ce sud là dont je suis citoyen

Sur ses bleus rivages que toujours je reviens

Mon Ile

Il m’arrive parfois de vivre d’autres escales

En marin solitaire, ou membre d’équipage

Mais toujours je retourne me perdre dans les dédales

Perdu entre la Pointe d’Ivry et la rue du Tage

Mon Ile

C’est de ce sud là dont je suis l’enfant

Percé en plein coeur par la rue de Tolbiac

C’est sur cette plage là au soleil triomphant

Que j’aime à perdre ma vie au pied de Jeanne d’Arc

Mon Ile

C’est dans ce sud là que je vécus passions

Et vvictoires triomphantes et héroiques défaites

Juché entre l’Hopital et la rue de Clisson

Pays de déchéance et de soirs de fêtes

Mon ile

Si demain le bateau dont je rêve chaque nuit

Vers Suva l’éternelle simplement me conduit

Que le Cibi toujours accompagne mes pas

C’est bien cet archipel que je n’oublierai pas

Mon ile

C’est de ce sud là dont je suis orphelin

A peine ai-je traversé le pont bleu de Bercy

C’est sur cette étendue que s’écrira la fin

Je finirais mes tristes jours ici

Sur mon Ile

Si je ne parle pas

Si je ne parle pas
Cependant que j’écris
C’est que dans ces vers là
Tout est dit.

C’est là que tout réside
Dans ces mots translucides
C’est là que tout transpire
Dans ce qu’il me faut écrire

Si je ne parle pas
Que jamais je n’étale
Mes regrets et mes plaintes
C’est que mes mots toujours
Forment l’unique complainte
De ce vide abyssal
Où sont plongés mes jours

Si je ne parle pas
Cependant que j’écris
C’est que dans ces mots là
Tout est dit

Si peu souvent je dis
Les mots que tous attendent
C’est qu’ils sont écrits
Il suffit de les entendre

C’est là que tout survient
Sur ces lignes fragiles
C’est là que tout advient
De ma plume fébrile

C’est là que tout réside
Que toute question s’éteint
Quand la parole est vide
Et qu’on n’y peut rien

Si je ne parle pas
Cependant que j’écris
C’est que dans ces mots la
Tout est dit

L’Amour, les larmes, et la violence
Le temps, Atlas, et mes silences

Tout est dit…

11 Décembre 2016

Adresse Postale

 

C’est une adresse postale
Pour l’amour de l’Humanité
Des printemps en Hiver
Les chants de l’Egalité

Comme une adresse postale
Où l’on revient sans cesse
C’est le point cardinal
De tous les manifestes

C’est Marianne que l’on épouse
Sur le pavé brulant
Piétinant les pelouses
Des marquis bien penchant

Comme une adresse postale
Tatouée sur la peau
C’est le point cardinal
Des plus beaux idéaux

Ce sont les petits matins
Où l’on se lève égaux
Plus de luxe, de satin
Seulement le monde plus beaux

Comme une adresse postale
Où l’on partage tout
C’est le point cardinal
Qui rend les hommes moins fous

Comme une adresse postale
D’où l’on s’éloigne parfois
Sans jamais la quitter
C’est le point cardinal
Où tout un peuple est Roi
Qu’on ne peut abdiquer

Comme une adresse postale
Pour l’amour de l’Humanité
C’est le point cardinal
De toute l’Égalité

16 Novembre 2016

Virginie Ledoyen

 

Et quand il n’y aura plus rien
Pas même un oiseau sur la branche
Pas même nos certitudes qui flanchent
Restera Virginie Ledoyen
Et c’est à peine si j’ose dire
L’érotisme de ce sourire
Quand je me balade chaque soir
Sous les éclairs et la nuit noire.

Et quand il n’y aura plus rien
Pas même un océan déchainé
Pas même une étoile décharnée
Restera Virginie Ledoyen
Et c’est à peine si j’ose dire
Combien je rêve de son sourire
Quand je me traîne sous la nuit noire
En attendant le purgatoire

Et quand il n’y aura plus rien
Pas même le lever du jour
Pas même une chanson d’amour
Restera Virginie Ledoyen
Er c’est à peine si j’ose dire
Le drôle d’effet que son sourire
A sur mon âme déchirée
Que je promène chaque soir
En attendant la fin de l’histoire

Et quand il n’y aura plus rien
Pas même le ciel qui se déchire
Pas même la mer qui se retire
Restera Virginie Ledoyen
Et c’est à peine si j’ose dire
La toute puissance de son sourire
Sur mes sentiments dévastés
Que je trimballe chaque soir
Sous les éclairs et la nuit noire

Et quand il n’y aura plus rien
Pas même le temps qui accélère
Pas même un oiseau sur la terre
Restera Virginie Ledoyen
Et c’est à peine si j’ose dire
L’élégance de son sourire
Qui surplombe mon désespoir
Sous les éclairs et la nuit noire

Et quand il ne restera plus rien
Pas même une page d’histoire
Pas même un morceau de mémoire
Et c’est à peine si j’ose dire
Combien je suis amoureux
Et du regard et du sourire
Oui ce n’est pas terrible aveu
Que d’affirmer à qui le veux
Que lorsque je ne crois plus à rien
Pas même aux oiseaux sur la branche
Pas même aux certitudes qui flanchent
Restent Virginie Ledoyen
Virginie Ledoyen…

Juin 2016

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